Text vergrössernText NormalgrösseText verkleinern

Du chanvre plutôt que du pétrole

Le pétrole ne va pas cesser de couler demain mais son prix en constante augmentation et l’impact très négatif de son extraction déstabilisent notre système économique et politique. Il n’existe pas de solution miracle mais le chanvre constitue sûrement une des meilleures alternatives, encore faut-il permettre l’utilisation raisonnable de l’intégralité de son potentiel et cesser sa diabolisation. Ce n’est plus une question de fausse morale et de soi-disant santé publique mais bien une nécessité vitale pour notre planète.

Une multitude d’énergies alternatives
Certains lobbies cherchent à imposer le nucléaire et le tout électrique comme unique alternative réaliste, cette technologie reste dangereuse à court et long terme, elle ne sera pas acceptée par de nombreux pays et tant mieux. L’hydrogène, le photovoltaïque, l’éolien, le marémoteur, l’hélice à courant, le moteur pneumatique ou à eau et tant d’autres nouvelles technologies se démocratisent et deviennent financièrement rentables. Il faut coupler les techniques les plus adaptées aux ressources du pays concerné mais ces nouveaux équipements sont souvent lourds, long ou coûteux à mettre en œuvre. Il existe des solutions immédiates à moindre coût. Dans les domaines des plastiques, des carburants, des isolants, des lubrifiants et même des médicaments, les végétaux peuvent avantageusement remplacer les dérivés du pétrole. Le chanvre est une des plantes qui offre le plus de possibilités pour un écobilan très positif.

Combien peut rapporter un hectare de chanvre bio ?
Sur un hectare semé de 50 kilos de chènevis et cultivé biologiquement, un paysan peut espérer 300 kilos de feuillage, un excellent compost ou mélangé aux autres déchets verts de l’exploitation pour une transformation en purin avec collecte du biogaz. Il récoltera près d’une tonne de fibres pour la construction, la plasturgie, le thermo-moulage et aussi 3 tonnes de chènevotte qu’il peut mettre dans le compost pour moitié et vendre le reste pour le bâtiment. Selon les conditions climatiques, il peut avoir entre 600 kilos et une tonne de graines qui donnent 2/3 de protéines de grande qualité et 1/3 d’huile. Au cours des différents processus, il récupèrera aussi près de 300 kilos d’ana (poussières) qui peuvent être mélangés au PET sans diminuer sa qualité.

A ce stade équivalent à l’exploitation des variétés de chanvre eurocompatibles (moins de 0.2% de THC), peu des plantes annuelles fournissent autant de matières premières en une seule récolte. Le purin et le biogaz ne rapporteront pas directement mais permettront des économies de fertilisant et d’énergie. La fibre vaut de 400 € à 600 € la tonne et la chènevotte 150€ pour la tonne et demi. Les 600 kilos de protéines valent environ 120, les poussières peuvent encore ramener 60 € et les 300 litres d’huiles se vendraient 60 € au prix de gros de l’huile alimentaire et 180 € au prix du fuel domestique. La valeur à l’hectare tourne entre 790 et 1110 €, à condition de disposer des machines et hors amortissements.

Et si on changeait de réglementation ?
Pourtant, à cause de la prohibition, le paysan ne profite pas des 50 kilos de résine de chanvre disponible à l’hectare. De qualité trop médiocre avec le chanvre légal, elle est peu exploitable sur le marché thérapeutique et pas du tout en usage récréatif. Si cette aberration cessait et sur la base du système d’introduction de la substance sur le marché légal décrit ci-dessous, nos paysans pourraient en obtenir environ 500 € au kilo, soit une moyenne de 25 000 € à l’hectare. Largement de quoi supporter l’amortissement du matériel et les transformations en exploitation autonome, les pertes engendrées par la reconversion en bio, le prix encore trop attractif du pétrole. En autorisant la production en agriculture biologique de variétés naturelles, c’est à dire non sélectionnées vers le bas ou le haut niveau de THC et ressemées chaque année, les gouvernements offriraient aux paysans une opportunité réaliste de se convertir à l’agriculture biologique, d’utiliser et de fournir une énergie renouvelable à faible coût, de régler plusieurs problèmes socio-économiques majeurs. Alors pourquoi ne font-ils rien ? Lobbying, conformisme, ignorance et corruption sont des motifs évidents d’immobilisme. Mais il existe des raisons objectives de s’interroger sur la pertinence de ce système.

Il ne faut plus fumer
D’une part, le cannabis fait courir des dangers sur la santé publique. Ils proviennent essentiellement du fait que le cannabis est fumé, mélanger au tabac maximalise les risques. Il n’existe pas de culture collective du bon usage et assez de structures d’information et d’aide adaptées. Aujourd’hui, on n’a plus le droit de mettre sur le marché un produit qui se fume, trop de risque de cancer actif et passif et de pollution olfactive. Ce comportement social n’est plus accepté, les derniers accros doivent pratiquer dans la sphère privée, hors de présence des mineurs et sans faire de nouveaux adeptes. Pour diminuer l’impact de la consommation de joint, il faut engager une campagne pour modifier les comportements des utilisateurs afin de réduire les risques et les dommages. D’abord, on doit inciter à consommer pur, puis à vaporiser et surtout à ingérer. C’est sous cette forme, avec des produits bien calibrés, que l’usage du cannabis est le moins nocif pour l’organisme. Même matraqué avec force et conviction, la réussite d’une telle campagne passera par la mise à disposition contrôlée d’un produit de substitution comme pour l’absinthe, le tabac ou l’héroïne.

Un modèle de gestion calqué sur celui de l’héroïne
Si la résine produite par les chanvriers est transformée en teinture ou diluée dans de l’huile alimentaire ou encore en spray nasal, les risques sanitaires deviennent très acceptables. A condition de contrôler la qualité et de fournir les indications nécessaires à une bonne posologie, beaucoup d’usagers pourraient trouver satisfaction dans ce système. Ces produits constitueraient une substitution légale aux formes du marché noir comme l’herbe, le hasch ou l’huile. Comme pour l’héroïne, le marché des substances illégales va considérablement diminuer sans disparaître. Ce dispositif évitera un déséquilibre trop violent dans l’économie de survie des cités, dans les pays traditionnels, sur le marché des armes et du blanchiment d’argent. Après une évaluation de l’impact socio-sanitaire de cette première mesure, on pourrait envisager une production de fleur et de résine distribuée sous forme pré-conditionnée pour l’utilisation des vaporizers, une autre technique pour réduire considérablement les risques liés à la consommation. Dans un dernier temps, les réfractaires pourraient se regrouper sous forme de cercles privés pour gérer au mieux et sans prosélytisme leur manie peu recommandable.

Adapter la distribution aux contraintes locales
Cet échelonnement donnera du temps pour transformer les habitudes et pour la reconversion des acteurs du marché noir. Il est calqué sur la méthode qui a prouvé le plus d’efficacité dans le traitement des usagers d’héroïne. Il devra être plus souple compte tenu de la plus faible dangerosité sociale et sanitaire du cannabis. Il peut se situer à un niveau médical, dans le but de réguler, de réduire ou de stopper l’usage. Il peut être plus libéral dans les pays ou les régions qui font confiance à leurs citoyens et aux moyens de contrôle. Il n’est jamais question d’une vente libre, sans conseils d’utilisation ni contrôle de l’age des usagers ou des pratiques de la filière. Contrairement à l’alcool, au tabac ou au jeu, il n’est pas question d’exposer des flacons de teinture sous les yeux des enfants. Il n’est pas non plus nécessaire de réserver la distribution du produit aux pharmacies. Les smart-shops, droguistes, herboristes, magasins du chanvre, boutique de diététique et de vitamines, coffee-shops, club de connaisseurs, groupes d’usagers... peuvent respecter un cahier des charges strictes de délivrance et d’information au consommateur. Le système doit s’adapter aux spécificités actuelles.

Morale et économie
On peut aussi trouver immoral de fonder un secteur économique sur une drogue. C’est largement le cas avec les industries du tabac, de l’alcool, des médicaments et du pétrole, il faut beaucoup de dérivés pour faire des dopes. C’est même le cas de toute l’économie, l’argent noir est allègrement mixé au blanc, tout devient gris plus ou moins clair. Le chanvre ne peut pas déclencher autant d’atrocités que le contrôle du pétrole et du gaz, il suffit de lire les nouvelles d’Irak, d’Afghanistan, de Bolivie, de Birmanie et de tant d’autres pays martyrs de l’or noir. Réinjecter dans l’économie officielle une partie substantielle du marché noir du cannabis peut provoquer un retour de la croissance. On parle ici de près de 3% du PIB mondial, si seulement 10 % des consommateurs adoptent le modèle de substitution au joint, combien de milliards réapparaissent dans nos économies exsangues dès la première phase du plan d’action ? Et à la fin du processus ?

Les autres alternatives végétales
On peut encore argumenter qu’il existe d’autres plantes moins problématiques que le chanvre. C’est vrai mais aucune ne garanti autant de ressources pour un impact acceptable sur l’environnement. Le tourteau de colza est toxique, le tournesol et le soja sont des cultures gourmandes d’eau et de produits de traitement, ces filières sont verrouillées par les agriculteurs productivistes, comme la betterave et la patate. Ces industrielles de l’agriculture voient d’un mauvais œil la transformation radicale de leur mode de travail afin de respecter la terre. La tentation du chimique pourrait poser plus de problèmes que le pétrole. Mieux vaut développer des filières nouvelles destinées au petits et moyens exploitants. Laissons les rapaces de l’intensif à la production de la malbouffe et à la chasse aux subventions.

Filière industrielle contre filière courte
Ils préfèrent collaborer avec les filières industrielles de diester et d’éthanol que dans les transformations basiques des matières premières et les filières courtes. Le diester et l’éthanol permettent à l’industrie de garder le contrôle sur les énergies. Le coût énergétique pour approvisionner cette filière est quasiment de 1 pour 1 alors que les huiles végétales produites et transformées sur des exploitations bio et autonome présente un ratio approximatif de 0.1 pour 1. L’investissement pour la production industrielle est 1000 fois plus élevé, donc réservé aux grands groupes. Les gouvernements soutiennent ces solutions car ces carburants techniques peuvent être taxés, moins mais quand même. Alors que peu de pays ose prélever la taxe pétrolière sur les huiles végétales.

Panique sur les taxes
La Chiraquie, comme toujours à la pointe de la liberté et du progrès, prétend le faire malgré une directive européenne totalement contraire censée s’appliquer depuis le 1er janvier 2005. Des affaires sont en justice, de lourdes amendes sont en suspens, le lobby de la pétrochimie est fermement soutenu par les douanes et la justice. La cour européenne devra arbitrer. Quand on pense aux grandes promesses de Chirac lors des sommets mondiaux sur l’environnement ou dans des messages à la nation, on constate que ce soi-disant super-écolo reste un éternel super-menteur.

En Suisse, seule une entreprise commercialise de l’huile pour ces applications et l’utilisation directe par les consommateurs est encore trop marginale pour déclencher une position officielle. Toute tentative commerciale risque de se voit taxer malgré toute logique. Le prix d’achat des huiles végétales sur le marché mondial est de 0.2 €, le fuel domestique est à 0.6 €. Les agriculteurs pourraient tripler leur revenu sans augmenter la production. Le Conseil fédéral préfère verser des subventions aux exploitants, des subventions aux transformateurs et prélever des taxes à la colonne. On parle de nouvelles dispositions pour 2008, faut-il attendre un baril à 100 $ ?

Du travail pour l’avenir
L’Europe est un étrange espace où il faut aller en Espagne pour le mariage gay, en Allemagne pour acheter de l’huile végétale détaxée à la pompe et en Hollande pour plein d’autres libertés pourtant évidentes. Plutôt que d’attendre une hypothétique harmonisation, le plus efficace est de s’organiser à l’échelle locale puis de coordonner la pression grâce à Internet pour faire bouger les grandes institutions et les leaders d’opinion. Il faut réfléchir à quelques coups pour stimuler la curiosité des média, les suggestions sont les bienvenues. Espérons que certains Etats, régions ou métropoles oseront tester ces propositions, il faudra surtout trouver de nombreux appuis pour les promouvoir dans toutes les occasions.

Laurent Appel

Autre article sur le sujet :

Erscheinungsdatum lundi 25 juillet 2005 17:50

Forum des Artikels

> Du chanvre plutôt que du pétrole
bonjour !! ma question est la suivante mon amie qui souffre de l’estomac avec des crises qui l’a mette dans un état second..Elle fume un stik pour calmer tout les symptomes et ça marche !! Enceinte dans les 3premiers mois elle était obligée de faire ça aussi..Elle n’a pas trouvé de solution intermédiaire..J’aimerai comprendre comment ça se fait que ça fonctionne et quel autre solution à part fumé la marijuana comment elle pourrait l’ingérer..merci

Auf diese Nachricht antworten
23 août 2007 von zorro
  > Du chanvre plutôt que du pétrole
 
Je lis ton message quelques annees plus tard, ma reponse sera peut etre utile a quelqu’un d’autre...
contre les maux de bides, si on ne veut pas ou peut pas (etre enceinte est une raison tres valable) fumer un stik pour calmer les douleurs : l’huile de chanvre bio fait des miracles. elle est tres bonne au gout, et, en trempant du bon pain dedans, on se fait plaisir aux papilles en faisaant du bien a sa sante et ... efficace pour calmer toutes ces douleurs plus ou moins psychosomatiques, donc tres difficiles a soigner et a se debarrasser.
sur l’exzema et toutes les inflamations aussi, elle apaise.
je parle en connaissance de causes.
bien a vous,
chanvrement,
Melanie

Auf diese Nachricht antworten
  30 10 2008 von ML
 
  > Du chanvre plutôt que du pétrole
 
En effet, nombreux sont les baby-boomers à avoir fumé des joints pendant leur jeunesse.

Le cannabis, marqueur de différence générationnelle chez les membres du Parlement

Mis en ligne le 28/08/2007

http://www.seniorscopie.com/actu/ar...

Auf diese Nachricht antworten
  29 08 2007 von André Fürst
 

http://www.cannabis-helvetica.ch
http://www.swisshempshop.com