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Haro sur le chanvre bio

Une association interpelle les élus sur le risque de trouver du THC dans le lait des vaches nourries au chanvre. Les agriculteurs bio balaient ces assertions.

Les vaches affouragées au chanvre risquent-elles de donner du lait chargé en THC ? Cette question stupéfiante oppose depuis quelques jours l’antenne gersoise du Comité national d’information sur la drogue (CNID) et le groupement des agriculteurs biologistes et biodynamistes du Gers (GABB 32).

On connaissait plutôt le CNID pour ses campagnes de prévention sur l’usage du cannabis. Former des « adultes référents », publier des études tendant à démontrer que le THC augmente les risques d’accident de la route : telles sont les armes utilisées par cette structure pour dissuader les jeunes du fumer du haschisch ou de l’herbe. Mais voilà que l’association veut aussi empêcher les vaches de brouter du chanvre.

« Nous avons été alertés par une information selon laquelle le GABB organise le 16 janvier une réunion d’information portant notamment sur l’utilisation de graines ou d’huile de chanvre dans l’alimentation humaine ou animale » s’émeut Pierre Beyries, assureur condomois et membre du CNID. « Ces gens sont sans doute de bonne foi, poursuit-il. Mais à la lumière des informations dont nous disposons et d’une expérience menée récemment en Suisse, on sait que le THC contenu dans le chanvre passe dans le bétail ...et dans le lait ».

Campagne de postage. De fait, dans la Confédération helvétique, l’office fédéral de l’agriculture a fait interdire par ordonnance l’affouragement au chanvre des vaches en mars dernier. « Il serait ridicule d’affirmer que les doses qui passent dans le lait produisent le même effet que fumer un pétard. Mais on peut imaginer l’effet cumulatif de cette consommation de THC sur un nourrisson », insiste Pierre Beyries. S’appuyant sur ce précédent suisse, le CNID gersois donc a envoyé une lettre au GABB en fin de semaine dernière pour faire part de son inquiétude. « Cela risque de nuire à leur propre image et au tourisme dans le département », surenchérit l’association.

Mais le CNID ne s’est pas contenté d’écrire aux agriculteurs bio. Il s’est également fendu d’une campagne de postage à destination des tous les conseillers généraux, des 463 maires, et de la presse du Gers. Un tir de barrage qui navre quelque peu les agriculteurs bio du département. « Nous comprenons très bien que des gens puissent s’inquiéter. Mais il n’est pas question pour nous de nous amuser à cultiver des variétés présentant des risques pour la santé », rassure Christian Bonticelli, le directeur du GABB 32.

Les agriculteurs bio expliquent en effet que les exemples suisse et français ne peuvent en aucun cas être comparés : « L’Union européenne nous impose de cultiver des variétés comportant moins de 0,2 % de THC. Ce n’était pas du tout le cas en Suisse, qui a sa propre législation à ce sujet et qui permet des taux supérieurs à ceux qui existent ici. »

« Pas d’amalgame ».

Alors Christian Bonticelli reste courtois. Mais on le sent presque agacé. « Des gens ne disposant pas de compétences techniques peuvent être interpellés. Et il semblerait que ce soit le cas ici. Mais il faut essayer de ne pas tout mélanger. Or il semblerait que l’on soit ici en face d’un discours maximaliste. Le problème, c’est que le grand public risque de faire l’amalgame. Heureusement le technicien est là pour mettre de la clarté ».

D’autant que l’affouragement n’est qu’une des pistes explorées par les chanvriers. « C’est axe de développement possible parmi d’autres. Le chanvre offre de nombreux débouchés, comme matériau de bio-construction ou en cosmétologie ». En gage de sa bonne foi, Christian Bonticelli assure que « s’il s’avère que la législation permet des variétés trop riches en THC, alors nous travaillerons avec les scientifiques jusqu’à éliminer totalement cette substance. Mais il faut préciser qu’il existe dans la nature des plantes psychotropes beaucoup plus toxiques, comme le datura ». Avis aux pourfendeurs de plantes vénéneuses.

Reste à savoir si ces arguments techniques suffiront à calmer les inquiétudes du CNID dans sa croisade anti-cannabique. Pas sûr. Il semble même que Pierre Beyries ait des arguments tout prêt pour la contre-attaque : « Tout cela donne une bonne image du chanvre. Et rien rien n’empêche des "zoulous" de venir cacher leur propre champ, disséminé dans des chanvres légaux" ». Les mamelles de la discorde ne sont pas taries.

(1) THC : tétrahydrocannabinol, la substance active responsable des effets psychotropes du cannabis.

Artikel modifiziert vendredi 17 mars 2006 20:40, Erscheinungsdatum jeudi 2 février 2006 03:32

Forum des Artikels

> Haro sur le chanvre bio
En ce qui concerne les débouchés fourragers du chanvre, le problème du T.H.C. ne trouverait-il pas une solution dans la diétique animale, en appliquant l’adage "il faut varier ses poisons ?"

Merci pour les informations

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5 octobre 2006 von vroum

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