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Cannabis : la substance illégale la plus consommée au monde

Le cannabis est la quatrième drogue la plus consommée en France, après l’alcool, la cigarette et les médicaments. 34% des moins de 25 ans en ont pris même si, étonnament, la tendance est à la baisse. 62 millions d’Européens y ont touché. L’Onu considère que c’est la drogue la plus consommée au monde.

http://streetgeneration.fr 16 août 2011 laura marcouyoux

Avant de se plonger dans les chiffres, un petit retour aux sources s’impose. En France, les vrais effets du cannabis sont restés méconnus jusqu’au XVII siècle. Rabelais était l’un des seuls qui faisait l’éloge de cette plante, à travers sa description du chanvre sous le nom de « Pantagruélion » au XVI siècle. C’est seulement après la campagne napoléonienne d’Egypte (où le cannabis se consommait beaucoup sous forme de Haschich) que son importance et ses effets furent découverts. Dès 1800, Bonaparte tenta d’interdire la commercialisation de ce produit en Egypte, ce qui provoqua l’intérêt de beaucoup de scientifiques français, qui l’étudièrent attentivement. Le psychiatre Jacques Moreau de Tours, après l’avoir testé sur de nombreux malades comme remède, publia ensuite Du Haschich et de l’Aliénation Mentale. Cet ouvrage permit à de nombreux écrivains et artistes d’en faire la découverte et l’expérience. Baudelaire, Dumas, Nerval, Delacroix et bien d’autres créèrent le club des Haschichins. Utilisée alors comme médicament contre les douleurs, l’asthme, les migraines et comme euphorisant pour le plaisir, cette plante s’est répandue rapidement à travers le monde. Mais s’en suivirent de nombreuses lois de prohibition (la première étant le 12 juillet 1916), qui n’empêchèrent pourtant pas les tabacs français de vendre un mélange Kif-Tabac en Afrique du Nord, ou de produire du Chandou en Indochine jusque dans les 50’s. Aujourd’hui encore, le cannabis est l’une des drogues les plus consommées par les Français (après le tabac, l’alcool et les médicaments psychotropes) malgré une forte restriction. Et même si depuis 2003, tous les indicateurs sont à la baisse, une bonne partie de notre pays y touche encore beaucoup. Quelques chiffres nous le démontrent : en 2005, environ 31% des 15-64 ans avait déjà testé ce produit et 2% des Métropolitains étaient considérés comme utilisateurs réguliers.

Pour illustrer cette première partie, une vidéo assez connue. La véracité de l’ensemble de ces propos n’est pas évidentes mais certaines infos peuvent être intéressantes. A vous d’en juger :


2 - L' Histoire du Cannabis von rebeuman

Aujourd’hui, tous les Etats européens pensent savoir gérer leur pays quant à la circulation du Cannabis. Cependant, aucune politique européenne (ou presque) ne tient le même discours que son voisin à ce sujet. Certains prônent par exemple la dépénalisation (où une consommation contrôlée est tolérée mais où la commercialisation du produit est interdite), d’autres la légalisation (commercialisation et consommation autorisées) et enfin la restriction totale du produit (commercialisation et consommation interdites). Comparons par exemple, la Hollande, la République Tchèque et la France. La Hollande taxe et tolère l’achat (par le biais de ses Coffee Shop…), la vente et l’usage du cannabis dans ses lieux publics (n’importe qui, au dessus de 15 ans, peut en acheter). La République Tchèque autorise la possession de petites quantités de cannabis (jusqu’à 15 grammes de marijuana et 5 grammes de résines). Et la France interdit toute présentation de cette substance stupéfiante, sous peine d’amandes voire d’incarcération. Mais quelle que soit la politique mise en place, l’ONU affirme que le cannabis est la substance illégale la plus consommée à travers le monde. Soixante-deux millions d’Européens (plus de 20 % de l’ensemble de la population adulte) ont déjà consommé du cannabis dont vingt millions, au cours de l’année dernière.

Il fut un temps où nous pouvions dire que les camps se dessinaient distinctement. C’était majoritairement les jeunes qui jugeaient en faveur de la légalisation ou de la dépénalisation de ce produit, face aux adultes (généralement leurs parents), plutôt réticents. Mais depuis quelques années, l’ensemble des populations remettent en doute les politiques cannabiques. En effet, le débat sur sa légalisation ou sa dépénalisation refait régulièrement surface. Enfin, ce sont surtout les conséquences sociales de son trafic qui sont mises en avant. En France, par exemple, ce fut le cas à Sevran, où le maire de cette commune, Stéphane Guatignon, avait pris position en faveur de la légalisation, pour couper la source de financement des dealers. Selon lui, « la France est le pays d’Europe où les lois sont les plus répressives et où l’on fume le plus ». Il jugeait alors qu’en matière de cannabis, « sortir de la société de prohibition, c’est libérer des territoires entiers de l’emprise des trafics et de la violence ». L’ancien ministre de l’intérieur, Daniel Vaillant, s’était également positionné en faveur de la dépénalisation et/ou la légalisation du cannabis à l’image des Pays-Bas, du Portugal ou d’autres adversaires. Mais le site de la MILDT (mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie) s’est empressé de pointer du doigt les risques du cannabis sur la santé mentale. Celui-ci affirme que « chez certaines personnes vulnérables, le cannabis peut engendrer ou aggraver un certain nombre de troubles psychiques comme l’anxiété, la panique et favoriser la dépression. Il peut aussi provoquer l’apparition d’une psychose cannabique ».

Débat sur la dépénalisation sur le plateau de ça se dispute, le 18 juin 2011  :



Avec toutes ces interrogations sur la bonne méthode à suivre concernant le cannabis, StreetGeneration a donc flâné dans les rues parisiennes. Votre avis nous intéresse.


Kana street G von streetgeneration

Beaucoup de possibilités s’offrent aux différents pays européens mais rien ne semble évident. Même si chaque politiques ont des points de vue différents sur cette question, elles semblent toutes plus ou moins conscientes de faire du sur place. Et un sur place qui n’est pas évident à faire durer sur le long terme. En France, la répression est extrêmement forte, ce qui n’empêche pourtant pas le pays d’être catégorisé parmi les plus gros consommateurs européens. Et aux Pays Bas, la légalisation a engendré une augmentation de la consommation de 250% chez les adolescents. Ce qui n’est pas non plus, beau à voir. Alors que choisir ? Et peut-on imaginer qu’au niveau français, la commercialisation de ce produit pourrait être une des solutions pour remplir les caisses de l’Etat et un moyen pour lutter contre ce marché illégal et parallèle ?

Laura Marcouyoux

published dimanche 21 août 2011 03:31

http://www.cannabis-helvetica.ch
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