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A 11 ans, ils fument déjà

2004/05/02 - Le Matin

JOINTS - Un ado sur deux s’adonne régulièrement à la fumette. Pour se sentir mieux. Mais ce n’est pas sans risque pour leurs facultés intellectuelles.

Légal ou non, peu importe. Les jeunes ne s’arrêtent pas à ce "détail" pour consommer du cannabis. Et ils s’y mettent toujours plus jeunes. Pour oublier le stress, leurs problèmes, le manque d’assurance. Faut-il s’en inquiéter ? Quels sont les risques pour leur santé ? Le point avec le Dr Marina Croquette-Krokar, responsable du service d’abus de substances au Département psychiatrique de l’Hôpital cantonal de Genève.

Il semble qu’il y a de plus en plus de jeunes qui fument du cannabis, c’est exact ?
Oui. La consommation a quadruplé ces quinze dernières années. Par ailleurs, les jeunes fument de plus en plus tôt.

C’est-à-dire ?
A partir de 11 ou 12 ans. Et les quantités qu’ils consomment sont toujours plus importantes.

Ça s’explique comment ?
Les premières raisons évoquées, quand on leur pose la question, c’est la recherche de plaisir et d’euphorie, mais aussi le stress, les conflits personnels, les difficultés de s’affirmer. Certains utilisent le cannabis comme calmant.

C’est aussi pour faire comme les autres ?
Au départ, oui, d’autant qu’ils ont l’impression - fausse d’ailleurs - que tout le monde fume. Ils essaient aussi pour mieux s’intégrer. Mais, ensuite, s’ils continuent à consommer régulièrement, c’est parce qu’ainsi ils se sentent plus calmes, moins anxieux.

Quels dangers courent-ils en fumant ?
Le problème le plus important est au niveau scolaire. Le cannabis agit sur la concentration et sur la mémoire. Par conséquent, les jeunes qui fument des joints se retrouvent vite en situation d’échec à l’école.

Les effets sont irréversibles ?
Non. Quand on cesse la consommation, on retrouve toutes ses aptitudes. Mais ça peut prendre du temps... Il faut parfois jusqu’à un an d’abstinence.

Est-ce qu’on peut limiter les dégâts, tout en continuant à consommer ?
Le mieux, évidemment, c’est de ne pas fumer du tout. Si ce n’est pas possible, il faut en tout cas éviter de le faire le matin avant l’école ou durant les pauses, et fumer plutôt le soir. Et surtout ne pas mélanger le cannabis avec d’autres produits.

Et sinon, au niveau santé, y a-t-il des risques ?
Oui, sur le plan physique et psychique. La consommation de cannabis peut, dans de très rares cas, déclencher des schizophrénies. Mais la majorité des jeunes vont bien.

Les parents devraient toutefois s’inquiéter ?
Il ne faut pas dramatiser. Mais il ne faut pas banaliser non plus. Si on a un enfant qui consomme du cannabis, il faut se poser des questions. Essayer de comprendre quelles sont les raisons et comment on peut l’aider. Il faut toujours privilégier le dialogue.

Mais comment se rendre compte qu’il fume ?
Il faut être attentif aux signes d’alarme. Si un jeune a des troubles du sommeil, des troubles alimentaires, qu’il s’isole ou se replie sur lui-même, qu’il abandonne ses loisirs habituels, comme le sport, ou se montre nerveux ou agressif, peut-être qu’il cherchera une solution à ses difficultés en consommant du cannabis.

Peut-on faire une overdose au cannabis ?
Non, car il n’existe pas de récepteurs cannabinoïdes au niveau du tronc cérébral, partie du cerveau qui contrôle les fonctions vitales de l’organisme. Cela étant, la teneur en THC, la partie active du cannabis, n’a plus rien à voir avec le chanvre que l’on fumait dans les années 1970. Elle était de 2% et aujourd’hui elle atteint jusqu’à 30%. Cela étant, le cerveau continue à se développer jusqu’à l’âge de 18 ans. Et comme le cannabis agit au niveau du cerveau, aujourd’hui on ne sait pas exactement quelles conséquences cela peut avoir à plus long terme.

PASCALE BIERI
Fecha de aparición mardi 4 mai 2004 12:19

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