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Drogues dans les écoles de l’Outaouais : une guerre stérile

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www.cyberpresse.ca

12 avril 2007

La police de Gatineau est intervenue récemment dans des écoles secondaires de Gatineau. Cela a permis de mettre la main au collet d’une dizaine de jeunes consommateurs de pot et de quelques jeunes revendeurs de cannabis.

Ces interventions répressives - qu’on appelle en milieu scolaire de la prévention ! - visent d’abord à faire peur aux jeunes, à rassurer les parents et à montrer que les écoles sont sans pitié pour les usagers de drogues illicites. Les directions d’école aiment bien ces coups d’éclats et vont même souvent jusqu’à prétendre que leur école sera maintenant un modèle de tolérance zéro. Question d’énerver davantage les jeunes, la police de Gatineau a promis de faire d’autres descentes dans les autres écoles de l’Outaouais... cela devrait faire plaisir aux autres directions d’école !

Quel Message ?

Le problème n’est pas la descente policière comme tel, mais plutôt le message qu’on tente de passer aux jeunes.

Au Québec, en ce moment, près de 40 % des jeunes des écoles secondaires consomment du cannabis alors qu’au début des années 1990, c’était environ 10 %. Des enseignants mentionnent aussi qu’ils remarquent que des élèves sont intoxiqués en classe.

À écouter les directions d’écoles, tout semble fonctionner comme sur des roulettes et elles vont même jusqu’à prétendre que la prévention est efficace ! En fait, les jeunes consomment car ils trouvent ça cool !

Et, effectivement, la consommation de cannabis sans abus, tout comme l’alcool, est quelque chose qui peut être agréable. Il faut cesser de dire que c’est répréhensible de fumer du pot pour plutôt chercher à responsabiliser les jeunes, comme on le fait avec l’alcool. Il faut éduquer les jeunes et les aider à développer leur confiance en soi au lieu de les réprimander comme les pires criminels.

Atteinte à la dignité

Entre temps, les consommateurs de pot doivent continuer à jouer aux criminels. Et, lorsqu’un de ceux-ci se fait prendre, alors là, toute la batterie répressive se met sur leur dos : suspension ou expulsion de l’école, suivi obligatoire avec une ressource spécialisée, etc.

Étiqueter un jeune de criminel ou de toxicomane peut avoir des effets psychologiques marginalisant à court et à long terme. Dans leur grande majorité, les consommateurs de cannabis (jeunes et adultes) sont aussi des gens respectables, honnêtes et intelligents. Les traiter de criminels est une atteinte à leur dignité. Les études sur les caractéristiques des consommateurs des drogues sont nombreuses et font référence beaucoup plus au développement psychosocial, aux valeurs et aux motifs de ceux qui consomment qu’aux attributs d’honnêteté et d’intelligence de ceux-ci.

Présentement, les programmes de prévention offerts à l’école sont présentés par des enseignants ou des éducateurs sans formation spécifique en toxicomanie. Ils tentent de leur mieux d’éduquer les jeunes selon leurs principes et valeurs et sont rarement objectifs quant aux informations transmises aux élèves.

Ainsi, ils n’ont aucune crédibilité face aux jeunes... car ils moralisent non seulement la consommation de cannabis, mais aussi les consommateurs !

Quant aux policiers-éducateurs en milieu scolaire, ils ont des formations spécifiques quant à l’application de la loi et ne sont aucunement formés en prévention/éducation. Les policiers sont là pour appliquer la loi et non pas pour promouvoir la santé et le bien-être.

Pas d’aide à la prévention

Le mal est fait en ce moment dans les écoles du Québec et la situation risque de se détériorer au cours des prochaines années ! Conjointement, le ministère de l’Éducation et le ministère de la Santé et des Services sociaux doivent s’entendre sur l’embauche de véritables spécialistes qui donneront des informations objectives et qui ne répondront pas aux commandes des directions d’écoles, c’est-à-dire qui ne se contenteront pas de faire du dépistage pour prendre le plus de jeunes possible les mains dans le sac afin de démontrer que leur école est propre.

Depuis sept ans, aucune nouvelle aide financière n’a été consentie aux organismes spécialisés dans la prévention des toxicomanies. Cependant, des centaines de millions $ sont offerts aux services policiers pour continuer cette répression stérile.

La consommation des drogues n’est pas un problème criminel mais bien un problème de société et de politique.

La prévention des drogues se doit d’être objective ; les jeunes - comme beaucoup d’adultes - aiment fumer du pot, alors partons de ce principe ! Éduquons correctement et respectueusement les jeunes et la population comme on fait avec l’alcool et le tabac... ça, c’est de la promotion de la santé.

Maurice Hotte, Travailleur social, Spécialiste en prévention des toxicomanies M-Ado jeunes de Buckingham, SOS Contact Al-To

Fecha de aparición dimanche 15 avril 2007 00:00

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