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La Haute-Singine ne veut pas être le Far West du chanvre

2004/10/30 - La Liberté

Dirlaret/brünisried - Les conseillers communaux en ont assez de voir leurs villages associés à la culture du chanvre illégal et à ses nuisances. Dans une lettre ouverte, ils invitent le Conseil d’Etat à sévir contre les moutons noirs.

Fusillades, courses-poursuites, bastonnades, intimidations en tout genre : les plantations de chanvre de Haute-Singine prennent des airs de maquis corse, à la grande exaspération des autorités locales. Dans une lettre ouverte adressée au Conseil d’Etat, les conseillers communaux de Dirlaret et Brünisried sollicitent des mesures fermes à l’encontre des cultivateurs de chanvre illégal.
Le problème n’est pas récent, écrivent-ils. L’activité des chanvriers suscite l’irritation de la population depuis des années déjà. Et il n’y a pas que l’odeur pénétrante des végétaux qui incommode. Plusieurs événements récents ont propulsé la région dans la rubrique des faits divers. La teneur notoirement élevée en THC du chanvre local est une invitation au vol pour "de la racaille provenant de toute la Suisse et de l’étranger."

Traques nocturnes
Afin de lutter contre ces raids de jeunes vandales avides de fumette gratuite, les chanvriers ont recours à des "gardiens" aux méthodes plutôt musclées. A bord de voitures équipées de phares additionnels, ils traquent les pillards. Malheur à ceux qui se font prendre : tabassés puis déshabillés, ils finissent jetés à la rivière, où ils sont cueillis par la maréchaussée... Les gros bras n’hésitent pas à tirer dans les pneus des fuyards qui auraient l’intention de s’échapper avec leur butin.
Ces méthodes dignes du Far West ont une nouvelle fois défrayé la chronique voilà un mois. Après que trois voleurs -un Zurichois, un Vaudois et un Français- eurent goûté à l’hospitalité singinoise, le juge d’instruction a fait procéder à l’arrestation de deux chanvriers de Dirlaret et Brünisried, et de plusieurs hommes de main. Ils ont été relâchés peu après, avec ordre de détruire leur chanvre.
"Depuis, le calme est revenu", écrivent les conseillers communaux. Ils s’inquiètent toutefois pour l’avenir : comment garantir que les chanvriers, guère impressionnés par une petite amende, ne recommenceront pas ? Avec la réputation que s’est faite la région -une trentaine de sites internet associent Dirlaret à la production de chanvre "récréatif"- il ne fait aucun doute que les voleurs s’organiseront à l’avenir en bandes pour venir commettre leurs razzias.
On a donc pris les devants : les contrats de bail à ferme portant sur des terrains communaux ne seront pas renouvelés pour les chanvriers. Ainsi en ont décidé les autorités locales, qui estiment toutefois qu’il appartient aux autorités cantonales de prendre des mesures plus drastiques. Et de citer en exemple la procédure du canton de Berne, où le juge d’instruction ouvre systématiquement des enquêtes contre les chanvriers qui lui sont signalés par la police, ordonnant la destruction des cultures si elles contreviennent à la loi.
"Comment mener une campagne de prévention antidrogue efficace dans les écoles, lorsque 15 000 m2 de chanvre poussent, soi-disant en toute légalité, sur le seul territoire de Dirlaret ?", interrogent les signataires de la lettre ouverte.

Marc-Roland Zoellig
Fecha de aparición mardi 16 novembre 2004 19:59

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