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Le pétard prend l’eau

2003/06/08 - Dimanche.ch

Conseil national A une semaine du débat, la tendance est au refus

La majorité des députés de la Chambre basse devrait refuser la dépénalisation de la consommation du cannabis lors du débat qui aura lieu le 16 juin. La menace du référendum rend le monde politique très prudent.

Les 16 et 17 juin prochains, le Conseil national débattra à son tour de la révision très attendue de la loi sur les stupéfiants. Le Conseil des Etats a adopté un texte plutôt libéral en décembre 2001 par une majorité claire de 30 à 8. Les principales innovations visent à dépénaliser la consommation, tout en proposant des points de vente officiels, une taxe incitative versée à l’AVS et une limite d’âge à 16 ans comme pour l’alcool.

Mais, cette semaine, les milieux foncièrement opposés à toute libéralisation ont annoncé la couleur. S’il devait en être ainsi, le référendum est brandi comme l’épée de Damoclès sur la tête des "dépénaliseurs". Deux comités sont sortis du bois. L’Association pour une politique de la drogue basée sur l’abstinence déclare que "cette loi ferait le lit de la dépénalisation de la consommation de tous les stupéfiants". Elle dénonce les effets du cannabis, notamment la "tendance à l’isolement, un syndrome antimotivationnel et le développement de psychoses". On trouve déjà dans ses rangs le libéral vaudois Claude Ruey et l’évangéliste bernois Christian Waber.

Par ailleurs, un comité intitulé "Oui à la prévention, non à la drogue" s’est créé autour de différentes personnalités, dont l’ex-municipal lausannois Francis Thévoz et le Valaisan Jean-Marc Roduit, pressenti pour être candidat UDC au Conseil national. On retrouve ici certains acteurs de l’initiative Jeunesse sans drogue, balayée par 70% des Suisses en septembre 1997. Mais, en dehors de ces milieux relativement confinés, les parlementaires semblent pencher vers un refus de la dépénalisation. L’hebdomadaire Facts a publié cette semaine un sondage auprès des 200 députés. Le résultat n’est pas définitif, les avis peuvent encore changer, mais 83 députés sont défavorables à la dépénalisation, 69 favorables et 48 indécis ou inatteignables. Il y aurait ainsi, selon le journal, "un mégatrend dans la direction conservatrice".

Le spectre de "jeunesse sans drogue"
Les camps sont pour le moins polarisés. La gauche est favorable à la libéralisation, l’UDC contre. Entre eux, les forces centristes divergent selon les personnalités. Parmi les radicaux, Yves Christen, Gerold Bührer, John Dupraz sont pour la révision, Franz Steinegger, Charles Favre, Yves Guisan ou Claude Frey sont contre. Chez les démocrates-chrétiens, on trouve également des avis contraires. Remo Galli est pour, François Lachat est contre, mais d’autres comme Jacques Neirynck, Jean-Michel Cina ou Jean-Philippe Maitre n’ont pas répondu. Cela dit, le centre semble plutôt pencher vers le non.

Face au lobbyisme des milieux antidrogue, la coordination suisse du chanvre a décidé de contre-attaquer. Son président, François Reusser, a annoncé une conférence pour jeudi. Les thèmes sont parlants : "L’exécutif sabote le législatif, la protection des mineurs et la lutte contre le marché noir". Par ailleurs, la coordination dit qu’elle "fera appel à la politique et à la justice pour reconsidérer et stopper en urgence la continuelle et de plus en plus forte répression contre les magasins et les producteurs de chanvre". Mais les milieux prochanvre auront de la peine à fêter une victoire qu’ils attendent depuis longtemps. Les élections d’octobre et la politique répressive que mènent les pays voisins ne devraient pas inciter les indécis à faire dans l’audace.

Cannabis Les élections d’octobre pèsent sur la dépénalisation.

Modificado el lundi 7 juillet 2003 13:44, Fecha de aparición dimanche 8 juin 2003 00:00

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