2,4 millions de Français consomment quotidiennement des médicaments psychotropes

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L’agence rapporte que selon cette enquête, un tiers des dirigeants et salariés font face dans leur entreprise à des problèmes liés à l’alcool, et que près d’un salarié sur dix a une consommation problématique d’alcool quelle que soit sa branche professionnelle. Relevant que selon l’association, alcool, tabac et cannabis concernent tous les échelons de la hiérarchie, l’agence souligne que ce sujet est difficile à aborder dans l’entreprise, seules 15% des PME et PMI mettant en place des démarches de prévention à l’instar de celles qui commencent à se développer dans les grandes entreprises. Le Dr Hispard souligne « Les PME (...) ne doivent pas rester les parents pauvres de la prévention. Il faut donc les aider ». Affirmant que les conditions de travail peuvent inciter certains salariés à se doper pour faire face au stress, aux pressions ou aux tâches répétitives, l’agence indique que selon le Dr Hispard « l’entreprise doit essayer de ne pas être pathogène » et « se préoccuper du bien être des employés ». Et il s’inquiète que « de plus en plus de trentenaires très alcoolisés viennent me voir » ce qui est un « phénomène plutôt nouveau ».
L’agence qui indique que, selon la chercheuse Françoise Facy vice-présidente de l’ANPAA, le nombre de consommateurs de substances psychoactives a été multiplié par « au moins dix » même si la consommation alcool-tabac a en moyenne baissé, précise que la chercheuse évoque un « phénomène de déplacement » d’une substance à l’autre sans compter les « polyconsommations ». D’après l’agence, face à un problème d’alcool le dirigeant peut fermer les yeux (selon 28% des personnes interrogées), sachant que dans un cas sur cinq le problème se règle par un licenciement. Relevant que 15% des entreprises interdisent l’alcool au travail « avec plus ou moins de bonheur », l’agence rapporte le point de vue de Gladys Lutz, conseillère en prévention auprès des entreprises, « les interdits imposés sans aucune prévention provoquent des contournements, des pots clandestins ».
Soulignant qu’à l’échelle nationale l’alcool serait responsable de 15 à 20% des accidents professionnels et du même pourcentage d’absentéisme et d’incidents entre salariés, l’agence note que par ailleurs globalement 2,4 millions de Français consomment quotidiennement des médicaments psychotropes, 850.000 du cannabis et 700.000 régulièrement de la cocaïne. L’AFP informe que l’ANPAA a lancé depuis hier un forum sur le net pour favoriser le débat sur les questions liées aux dépendances en milieu professionnel. (www.anpaa.asso.fr)
« Les PME trinquent » titre FRANCE SOIR qui souligne que « les entreprises ne savent pas comment réagir face aux pots à répétition ». Evoquant ces pratiques « largement tolérées car considérées comme conviviales », le journal relève que selon l’étude menée par l’ANPAA, 67% des dirigeants de PMI-PME estiment que « trinquer participe à la bonne ambiance générale de leur établissement », sachant que 15% des entreprises interdisent l’alcool, un chiffre qui « grimpe à 65% dans le secteur des transports mais chute à 10% dans celui des services ». Le quotidien qui mentionne les accidents, l’agressivité et l’absentéisme liés à l’alcool, précise que cela contribue à 1,5% de perte de masse salariale pour les entreprises, avec 8 à 10% de salariés ayant une consommation excessive.
D’après le journal, de nouvelles substance comme le cannabis et la cocaïne ont fait leur apparition dans le milieu du travail où les médicaments psychotropes ont aussi un impact et l’ANPAA s’attend « à une forte progression de l’usage du cannabis dans l’entreprise en raison de l’arrivée de nouvelles générations ». Notant que salariés et dirigeants sont totalement démunis face à cette progression des consommations, le journal souligne qu’aucun outil ne mesure l’ampleur du phénomène et que beaucoup de dirigeants ferment les yeux, ne réagissant que dans l’urgence. Le journal signale en conclusion que l’ANPAA a décidé d’axer sa campagne 2006 sur les PME-PMI.
A noter une interview du Dr Eric Hispard, médecin du travail et alcoologue à l’ANPAA, qui évoque deux générations, celle qui réalisait des travaux pénibles où « les gens s’hydrataient par l’alcool », le problème ayant été résolu par la mise en place de fontaines à eau ; et aujourd’hui celle qui fait face à une « charge mentale du travail (...) devenue très élevée » et se dirige « vers la prise de produits psychoactifs qui au début agissent comme des médicaments », sachant qu’ensuite « l’alcool déprime et altère la capacité d’adaptation ».
Le médecin indique que 42% des patients qu’il reçoit en consultation sont des femmes et que de plus en plus de trentenaires avec bac +5 viennent le voir pour un problème d’alcool. D’après lui, aujourd’hui l’alcool « touche des personnes que l’on estime insérées, qui ont un travail pour 90% d’entre elles, mais n’arrivent pas à suivre les demandes de leur employeur ». Selon l’alcoologue, pour modifier le comportement des employés « l’entreprise doit s’améliorer en terme de qualité de vie ». Il estime qu’il « faut éviter le tout sécuritaire » car « on est passé d’un tout alcool convivial à une diabolisation » et il ajoute « à nous de dire à quel moment il est normal de ne pas boire du tout, à quel moment on peut boire un peu, voire un peu plus. En se rappelant que dans l’entreprise l’alcoolisation est illégale ».
« Vous travaillez défoncé ? Témoignez ! » lance LIBERATION qui signale « qu’une association veut briser l’omerta sur son site web ». D’après le journal, « tous ceux qui se sentent un peu trop défoncés au boulot (...) sont invités depuis hier à témoigner sur le forum www.anpaa.asso.fr (...) une façon de briser l’omerta ». Le quotidien relève qu’alors que la réglementation oblige les grandes entreprises à élaborer des actions de prévention « le silence règne sur ces questions dans les PME et PMI » selon le Dr Hispard.
Soulignant que l’enjeu de santé publique est majeur puisque près d’un salarié sur dix a une consommation problématique d’alcool et qu’un tiers font face dans leur entreprise à des problèmes liés à l’alcool, le quotidien relève que selon le Dr Hispard, pour les patrons de PME « il s’agit moins d’éviter les accidents que de préserver « la capacité d’adaptation du personnel ». Libé qui rapporte que selon ce médecin, « aujourd’hui la prise de produit répond à un besoin d’hydratation psychique », juge toutefois que « toutes les situations ne se ressemblent pas » et que « certains salariés maîtrisent leur usage de drogue en milieu professionnel comme le raconte Astrid Fontaine, ethnologue, dans un livre passionnant » (« Double vie ». Les empêcheurs de penser en rond)Source : MILDT, Paris
P.-S.
France MILT consommations
Alcool : dont réguliers 13,1 millions
Médicaments psychotropes : dont réguliers 3,8 millions
Cannabis : dont réguliers 850 000
Cocaïne et crack : dont réguliers 700.000









