Affaire Cannatech - "Ma famille est anéantie"
CHAMBLON (VD) Sous enquête depuis 2002, Alexandre Peverada n’a toujours pas été inculpé. Il dénonce l’acharnement de la justice.
La descente aux enfers se poursuit pour Alexandre Peverada. Ruiné par des années de procédures judiciaires, le chanvrier vaudois va être prochainement expulsé de sa maison de Chamblon (VD) avec toute sa famille. Il y a une année exactement, n’arrivant plus à faire face aux charges, il avait déjà dû fermer son commerce. Installé depuis 1994 à Montagny-près-Yverdon, Cannatech était alors le plus grand magasin de Suisse consacré au chanvre. Avec 400’000 francs de chiffre d’affaires annuel, l’affaire était florissante.
Les temps ont changé. Criblé de dettes, Alexandre Peverada dénonce l’acharnement de la justice vaudoise. Soupçonné depuis 2002 d’infraction à la loi sur les stupéfiants, le chanvrier n’a toujours pas été inculpé. "Si je suis coupable, qu’on me juge, implore-t-il, jurant que son chanvre n’était pas destiné à un but récréatif. Dans mon magasin, je ne vendais que du matériel horticole et de jeunes plants à cultiver. Ce qui est légal".
Mutisme perçu comme un manque de preuve
Mais, même s’il n’est pas encore passé devant un juge, les frais de justice ont englouti les économies d’une vie. Et l’homme se déclare "cassé" psychologiquement par les détentions préventives, les perquisitions, les expertises psychiatriques... Il y a un mois, en désespoir de cause, Alexandre Peverada s’est adressé au Tribunal fédéral, qui n’est cependant pas entré en matière sur sa requête.
Face aux accusations du chanvrier, la justice préfère garder le silence. "L’enquête est toujours ouverte", se borne à commenter le juge d’instruction du Nord vaudois, Jean-Claude Gavillet. "On préfère laisser l’affaire dans un placard plutôt que de reconnaître que je suis innocent", rétorque Alexandre Peverada face à ce mutisme. Et de conclure à bout de nerfs, en pensant à ses enfants, Luna (10 ans) et Tybald (7 ans) : "Avec tout ça, ma famille est anéantie !".










