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Argentine : statistiques sur la consommation de drogues

LA RAZON / PRENSA LATINA 14/12/2004

A l’issue d’une enquête de l’Instituto National de Estadistics y Censos, plus d’un million de personnes ont fait usage de cannabis au moins une fois dans leur vie et 400 000 de cocaïne. Les adolescents entre 12 et 15 ans ayant admis faire usage de stupéfiants sont au nombre de 23 000, et 32% d’entre eux consomment régulièrement de l’alcool.

http://www.radicalparty.org/elist/archivio/corafax/cof52-12e.htm
  • Nach statistischen Erhebungen des l'Instituto National de Estadistics y Censos (Nationales Institut für Statistik und Volkszählung) haben mehr als eine Million Argentinier mindestens einmal in ihrem Leben Cannabis konsumiert.
  • According to a study undertaken by the Instituto Nacional de Estadisticas y Censos, at least a million persons have tried cannabis at least once in their lives and another four hundred thousand did so with cocaine.
Date de parution samedi 8 janvier 2005 03:43

Forum de l'article

Argentine : statistiques sur la consommation de drogues
Voilà a priori la nouvelle drogue qui fait rage en Argentine : la paco. Ci joint une série d’articles qui fait un peu peur...
LA LIBERTÉ
MARDI 3 0CT0BRE 2006

UNE NOUVELLE DROGUE SÈME LA TERREUR EN ARGENTINE.
DANS L’ENFER DES ESCLAVES DU PACO
Introduit il y a quelques années en Argentine, le paco connaît une consommation exponentielle. Cette
drogue crée des ravages dans les quartiers les plus pauvres des grandes villes.Reportage à Buenos Aires.
MATHILDE GUILLAUME
BUENOS AIRES
C’est une salle à manger qui a
connu des temps meilleurs,
peut-être une famille réunie
autour de la petite table à la toile
cirée, aujourd’hui plus que
fatiguée. Un long squelette traverse
la pièce comme dans un
rêve, sans que ses yeux exorbités
paraissent rien voir : il semble
téléguidé vers sa destination, la
cabane au fond du patio de ce
quartier pauvre de Buenos
Aires. A l’intérieur, ils sont sept
dans la pénombre, six hommes
et une femme vautrés par terre
dans les ordures, avec un regard
de vague mépris et un triste
sourire de provocation aux
lèvres. Les esclaves du paco.
La femme, âgée de 28 ans, en
paraît 60, ses traits sont creusés
et sa peau est sèche et craquelée
comme la terre des déserts. Alors
que les hommes, aux corps recouverts
de tatouages bleu-prison
restent mutiques, Rosa parle
après avoir inhalé sa drogue :
« Rien n’a plus d’importance à
mes yeux », ânonne-t-elle. « Rien
ni personne, pas même moi. J’ai
cinq enfants et j’ai fumé les huit
mois qu’a duré ma dernière
grossesse. Je n’ai plus de honte,
et je remercie l’assistance publique
de m’avoir arraché mes
enfants. Je crois que j’aurais pu
les vendre comme j’ai vendu
tout le reste. »
70000 consommateurs
Cette drogue qui fait de tels
ravages, c’est la pâte basique de
cocaïne (PBC), appelée affectueusement
paco par ses
adeptes. Le docteur Carlos Souza,
président de la fondation
contre la drogue Aylen, explique :
« Il s’agit d’une poudre beige à
brune, composée à partir des résidus
de la fabrication de Chlorhydrate
de cocaïne et de solvants
comme la paraffine, ce qui
renforce le caractère addictif et
l’effet rapide, intense et de courte
durée de chaque dose. Et
chaque laboratoire a un ingrédient
secret qu’il rajoute à la
mixture. Le plus souvent, du verre
de tube néon pilé, de la mort
aux rats ou du kérosène. Il y a
moins de 10% de chlorhydrate
de cocaïne dans le produit fini. »
Malgré le caractère mortifère
de cette recette, il est estimé
que plus de 70000 Argentins
consommaient du paco en
2005 selon le Sedronar (Secrétariat
pour la prévention de la
drogadiction et lutte contre le
narcotrafic) soit trois fois plus
qu’en 2003, un an après son introduction
en Argentine. Le
pays était alors en pleine crise
économique, dont a résulté
une dévaluation considérable
du peso argentin (sa valeur, jadis
alignée sur le dollar, a été divisé
par 3,5).
Aux yeux des pays producteurs
de drogue comme, principalement,
la Bolivie et la Colombie,
l’Argentine a cessé
d’être un bon client pour la cocaïne
de qualité, tandis que le
marché des drogues illégales,
qui avait explosé durant les années
1990 lui, continuait de réclamer
de la marchandise,
mais sans pouvoir payer au
prix fort des produits de bonne
qualité. La solution paraissait
évidente : recycler les résidus de la
cocaïne destinée à l’Europe, aux
Etats-Unis et à quelques Porteños
(habitants de Buenos Aires)
aisés, et innonder le marché.
Succès immédiat
Le succès a été immédiat. A
un peso la dose (moins de 40
centimes de franc suisse), le
paco est la drogue la moins chère
et la plus destructrice du marché,
dont les ravages
produits sur les populations
les plus
pauvres et marginalisées
sont considérables.
Pour atteindre
le flash, qui dure de 8 à 40 secondes,
les drogués utilisent
des antennes de télévision ou
de fines tringles à rideaux comme
pipes. Quelques minutes
après la prise l’effet est dissipé,
remplacé par une envie compulsive
et irrépressible de recommencer.
Pour le pharmacologue
Roberto Bastrocchi, la dangerosité
de cette substance est
énorme : « Les préjudices associés
à son caractère addictif,
anesthésique et hallucinogène
et profondément irritant se
font très rapidement sentir.
L’emphysème pulmonaire arrive
le premier, dû aux irritations
des muqueuses respiratoires,
et il est suivi par des
problèmes cardio-vasculaires,
et une explosion littérale du
lobe frontal du cerveau, ce qui
provoque des troubles sévères
du comportement. On peut
dire que le PBC est dix à vingt
fois plus destructeur que la
cocaïne. »
Mais le pire, ce sont sans
doute tous ces drames personnels
que crée la dépendance à
une substance si destructrice.
Les yeux vides de Rosa qui
fixent un point bien au-delà de
la cabane crasseuse au fond de
laquelle elle croupit. « Le pire »,
dit-elle. « C’est de perdre le respect
et l’affection des gens qui
ont un jour compté pour moi.
C’est d’être seule. » I
INSÉCURITÉ
EN HAUSSE
Devant l’ampleur
des dégâts, le Gouvernement
argentin
commence sérieusement
à s’inquiéter :
« En plus des
problèmes de santé
publique, et de
petite délinquance
(vols, prostitution)
qu’implique le paco,
son énorme succès
a encouragé le
développement de
laboratoires dans
les banlieues des
grandes villes, alors
que l’Argentine
n’avait jamais été
jusqu’à présent un
pays producteur de
drogue », explique
José Ramon
Granero, secrétaire
de programmation
au Sedronar.
La majeure partie
du trafic de pâte
basique de cocaïne
est organisée par
des bandes qui ont
leurs bases logistiques
dans
certains des
145 bidonvilles que
compte le pays.
Et même si les
« chefs » de trafic
sont bien souvent
des pères de
famille, tenanciers
d’épicerie qui « cuisinent
_ » dans l’arrière-
boutique
pour arrondir les
fins de mois, les
gains de ce juteux
trafic ont considérablement
stimulé
les activités de
bandes, leur
autorisant d’acheter
des armements
sophistiqués qui
leur permettent de
tremper dans des
délits plus complexes,
comme les
enlèvements.
On peut donc
dire que le paco
fait grimper
l’insécurité à
Buenos Aires. » MG
La peur de la mort… pour s’en sortir
« C’est la peur de la mort qui pousse les
jeunes à chercher de l’aide pour sortir
de l’addiction », déclare le docteur Carlos
Souza, directeur de la fondation Aylen,
qui sort les jeunes de la rue pour les
désintoxiquer. « Les transformations
physiques sont si éloquentes et si rapides,
surtout au niveau respiratoire,
qu’ils sont en permanence confrontés
à une situation de mort imminente. »
En quelques mois, un consommateur
de paco se transforme en squelette
aux yeux exorbités et au ventre dur,
poursuit Carlos Souza. « De plus, la nécessité
de voler ou de se prostituer pour
se procurer des doses augmente encore
les risques. »
Le récit de Nicolas, ancien mécanicien
de 25 ans et aujourd’hui patient
du docteur Souza, confirme cet état de
fait : « J’ai commencé il y a 10 ans avec la
marijuana et un peu de cocaïne. Un
soir il y a trois ans, un copain m’a proposé
du paco : j’en ai fumé cinq doses
dans la soirée. Je me sentais possédé,
alerte, très énergique et sain. Mon
corps était tout dur. »
Nicolas a arrêté les autres drogues
pour le paco, à peine un peu d’alcool
pour tromper la sécheresse et la brûlure
de la bouche et de la gorge. « J’ai
tout vendu, j’ai volé, j’ai ruiné mon
père pour fumer mes 40 doses quotidiennes
dans le bidonville où je les
achetais. »
Un jour, il n’avait plus d’argent et il a
supplié son dealer de lui en donner
quelques-unes. « Comme j’étais un bon
client. Mais il m’a fait rouer de coups
par sa bande, j’ai bien cru que j’allais y
passer. J’ai eu tellement peur, et tellement
honte de ce que j’étais devenu
que j’ai demandé de l’aide. »
Ça fait sept mois que Nicolas est en
traitement, et même s’il a fait deux rechutes,
il sait qu’il va s’en sortir. « Parce
que j’ai toute une vie qui m’attend. Parce
que j’ai un père qui vaut de l’or et qui
souffre tellement pour moi. »
En sept mois, Nicolas a retrouvé les kilos
qu’il avait perdus, et plus rien n’indique
qu’il y a encore peu, il était un de
ces naufragés de la vie, pour qui le futur
se résumait à la prochaine dose. Son
exemple est réconfortant, mais encore
très rare. MG
LA CLASSE MOYENNE AUSSI AFFECTÉE
Bien que la pâte basique de cocaïne
soit principalement consommée
dans les bidonvilles ainsi que dans
les quartiers les plus pauvres, le
Sedronar a enregistré cette dernière
année un nouveau type de
consommateur, issu de la classe
moyenne.
Cette étude a démontré que l’usage
fait du paco dans ce milieu était
« beaucoup moins compulsif et destructeur
que dans les zones moins
privilégiées ». Ainsi, un consommateur
de 40 ans, employé de banque
déclare « je fume au plus deux fois
par semaine, quand j’ai besoin de me
relaxer. Je m’enferme alors dans mes
muscles, je veux juste être comme
dans un cocon, écouter de la
musique, ne plus penser à rien... »
Victoria Rangugni, responsable de
l’étude, analyse : « Ils ont de plus
grandes chances de pouvoir contrôler
leur consommation. Ce ne sont
pas des gamins, et ils usent du paco
de manière « récréative ».
_ »La prise ne se fait pas dans la rue
aux yeux de tous,mais dans l’intimité
d’un appartement. Ces consommateurs
vivent dans un cadre social
structuré, et continuent à s’alimenter
normalement, à dormir... » Mais elle
s’empresse de tempérer :
« Cependant, dès les premières
prises, l’addiction est présente,
et si la consommation est régulière
durant plus de six mois, la possibilité
de contrôler sa consommation se
réduit, et le risque de se désocialiser
devient plus grand. »Mathilde Guillaume
Plus de 70000 Argentins consommaient du paco en 2005, soit trois fois plus qu’en 2003, un an après l’introduction de la drogue dans le pays. BRENNAN LINSLEY/AP/KEYSTONE
Le paco est la drogue la
moins chère et la plus
destructrice du marché

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9 février 2008 par raul

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