CPE : Osons le Chanvre Pour L’Emploi !
Le Gouvernement Villepin veut faire passer son CPE en force pour soit disant créer de l’emploi pour les jeunes. Il veut surtout faire oublier le CNE, le déclassement des chômeurs au RMI et toute la casse systématique du droit social. Bien qu’il prétende faire baisser le chômage, Villepin ne redresse pas le solde négatif des emplois créés par rapport aux emplois perdus, notamment les moins qualifiés. La production et la distribution coopérative ou marchande du chanvre global fourniraient directement au moins 100.000 CDI et autant de CDD, temps partiels et emplois saisonniers. Les salaires, la taxation et les impôts de la filière réintégreraient des milliards d’euros dans l’économie officielle, constituant ainsi un indéniable facteur de croissance. Les jeunes et les moins jeunes usagers de cannabis n’auraient plus l’impression d’être des malades sous tutelle ou des criminels. Pour sortir de la crise, Villepin et Chirac doivent oser le CPE version cannabis.
La précarité pour maintenir les profits
Pourquoi le gouvernement s’obstine-t-il malgré les millions d’opposants ? C’est un problème de stratégie à moyen terme. Le patronat et les actionnaires veulent obtenir le maximum de flexibilité, ou de précarité selon les avis, avant que la pyramide des ages ne règle le problème de l’emploi, avec ou sans l’intervention des politiques. La génération du baby boom prend sa retraite dans les prochaines années et la génération crise n’est pas assez nombreuse pour la remplacer. Pour éviter une future hausse des salaires et des avantages sociaux dus au manque d’effectifs, les salariés doivent dès maintenant être précarisé, la délocalisation maximalisé et l’immigration sélective optimisée. Les entreprises du CAC 40 veulent continuer à verser des dividendes records et les grands patrons pensent toujours mériter d’être 100 fois plus payés que les employés. Villepin protège les intérêts de ceux qui peuvent financer sa campagne présidentielle, pas l’avenir des français.
La résine pour l’emploi
Dans ce contexte effrayant ou révoltant, il faut offrir à la jeunesse des modèles de développement plus humains. Les utilisations agro-industrielles du chanvre s’intègrent parfaitement dans une agriculture raisonnée et une meilleure gestion des ressources. Leur essor est considérablement freiné par la prohibition, tant en terme d’investissements que d’image négative ou de contraintes légales. Une réglementation pragmatique et une promotion efficace rétabliraient avantageusement cette plante maudite dans son statut de ressource essentielle pour l’agriculture et l’industrie. Mais pour que les retombées concernent aussi l’agriculture biologique et l’artisanat et les PME, il faut pouvoir utiliser tout le potentiel de la plante, donc la résine et ses cannabinoïdes. Si la recherche sur le chanvre a tant progressée ces dernières années, c’est bien plus grâce au travail des Suisses et des Hollandais du cannabusiness que des instituts agronomiques ou des syndicats paysans.
Réglementer pour mieux protéger
La fracture sociale que Chirac prétendait réduire enflamme toujours nos rues, mon CPE permettrait de créer sur tout le territoire des dizaines de milliers d’emplois non qualifiés dans la production, le conditionnement, la sécurité et la distribution de cannabis pour les majeurs. Les minorités ethniques connaissent souvent mieux le marché et les produits, elles devraient fournir d’excellents employés sans critères de discrimination. Des cannabistrots pourraient s’installer dans des zones privées de lieux pour la vie sociale par la politique hygiéniste du PCF des sixties. Pour sauver les ouvriers de l’assommoir, ils ont freiné l’implantation des bistrots en banlieue, surtout dans les nouveaux quartiers. L’alcool provoque des violences, surtout familiales, des conduites à risques en pagaille, de nombreuses maladies mortelles, une addiction très forte. Si le cannabis s’est imposé comme drogue de masse, c’est parce qu’il a bien moins d’effets secondaires indésirables. Il permet la nécessaire ivresse collective à moindre risque, à condition d’encadrer la filière et d’avoir les moyens
Du cannabis pour rétablir le lien social
Les bénéfices d’un système associatif seraient suffisant pour alimenter une politique d’éducation sanitaire incluant une prévention objective et la réduction des risques liés à l’usage de toutes les drogues. Ce dispositif inclurait la détection et l’assistance socio-médicale des usagers abusifs et de leurs familles. Il resterait sans doute assez de fonds pour financer l’animation socioculturelle locale. Dans la clandestinité actuelle, le cannabis est déjà un générateur de lien social mais il crée aussi des tensions disproportionnées dans les familles et entre les usagers et les autorités. Il peut servir de plate-forme à une politique de réinvestissement citoyen dans les quartiers. Il faut des emplois, des lieux, des finances. Il serait donc possible d’utiliser la manne de la réintroduction du cannabis pour pacifier la société. Villepin et Sarkozy proposent la guerre civile et le choc des civilisations. Je propose de confronter nos différences autour d’un bhang et de quelques space muffins. La droite veut plus de flics et de prisons. Je propose de payer plus d’éducateurs et d’assistantes sociales sans augmenter les impôts.
Réconcilier la police et les citoyens
En six mois, toute la jeunesse aura affrontée la police de Sarkozy, le prochain gouvernement devra en finir avec la police spectacle et rétablir une police citoyenne de proximité. Cette police ne devra plus être payée au rendement quantitatif mais qualitatif. La chasse à la boulette ne doit plus valoir autant que le mac ou le braqueur. Les usagers de drogues n’ont rien à faire dans le système répressif, il faut réserver les moyens à contenir la criminalité, pas à réguler un phénomène socio-sanitaire. La dépénalisation de la consommation permet le dialogue et l’orientation des abuseurs vers des structures adéquates. La prohibition impose le silence et le silence tue, voir les ravages du sida. Pour bien accomplir sa tache, la police ne doit pas souffrir de la méfiance de la population pour de mauvaises raisons, parce qu’on lui fait accomplir la mauvaise mission. L’impunité des fauteurs de troubles et autre « racailles » serait bien moins grande sans la prohibition des drogues. Le shitstème oblige bien des citoyens à biaiser avec la loi et à se compromettre avec de vrais délinquants.
Chasser la peur pour construire l’avenir
La France ne veut pas d’une société pseudo-libérale où les privilèges et la morale pseudo-religieuse d’une minuscule élite sont imposés par des robotcops et la biométrie. Les millions de manifestants doivent réclamer du CPE, du Cannabis pour l’Espoir. L’emploi n’est pas tout, il faut un espace de liberté suffisant pour profiter de son salaire, jouir de la vie, réfléchir, s’épanouir. Une politique du chanvre global serait un premier pas fondamental pour établir un nouveau contrat social, loin des peurs irrationnelles entretenues par une élite pour mieux nous exploiter. Qui osera réclamer publiquement ma version du CPE ?
Laurent Appel










