Contrôles d’urine au lycée ?
Le ton est ferme, la plume efficace : Claude Barras-Paris, coprésidente de l’Association des parents d’élèves du Lycée de la Planta, à Sion, n’a pas mâché ses mots lorsqu’elle a voulu interpeller le gouvernement valaisan : "Le 15 janvier dernier, les députés ont voté la sanction (n.d.l.r. : exclusion limitée ou définitive pour l’élève qui aura été convaincu de possession illégale ou de consommation de chanvre aux abords ou au sein des établissements scolaires). Maintenant, il reste à prouver la consommation. Voter le droit du directeur de pouvoir contrôler les urines des récidivistes est le seul moyen permettant l’application du règlement d’établissement".
Voilà, le pavé était lancé. Et, dans un contexte où le climat est déjà à un certain durcissement (le 11 février dernier, une escouade de policiers accompagnés d’unités canines avait inspecté, sur demande du recteur, les casiers personnels des élèves du Collège des Creusets de Sion), les réactions ne se sont pas fait attendre. Nuno Zangado, élève de dernière année au Lycée de la Planta, s’insurge : "Le directeur d’un établissement scolaire n’a pas un mandat de shérif pour faire la loi ! Et une école n’a pas à ressembler à une prison... En fait, je crois que, sans minimiser aucunement le problème de la consommation de cannabis par des élèves, il ne faut pas non plus l’exagérer. Des descentes de police comme aux Creusets, je ne suis pas contre, mais des tests d’urine, alors là, franchement..."
Du côté des directeurs d’établissements scolaires, les positions sont aussi assez fermes. Pour Benjamin Roduit, recteur des Creusets, "des tests d’urine seraient vraiment des mesures extrêmes. D’ailleurs, je ne crois pas franchement à leur efficacité. Pour moi, la prévention active reste la meilleure solution".
Quant à Claude Barras-Paris, elle s’interroge quand même : "Jusqu’où ira-t-on ? Les profs vont mal, les élèves vont mal... Il faut absolument qu’on reprenne de la responsabilité !"










