Fibrescences ou l’art textile selon Aude Franjou
28.06.2007
"Aude Franjou sculpte et modèle le chanvre." De ses techniques très physiques se dégagent "des œuvres toutes en volutes et en nodosité", note Aude Le Guennec, responsable du Musée du Textile. "Son travail ressemble à de l’Art brut", ajoute-t-elle, car si la démarche semble réfléchie, le geste, lui, se veut spontané. "Comme un céramiste sur son tour, je joue avec la matière, je la dompte, tout en lui laissant la parole." [...] "Je commence avec une idée précise, puis mon geste suit ce que la matière est en train de faire, ses réactions, ses mouvements. Parfois, je les contrains. Parfois, je me laisse faire", confiait-elle en février dernier à Aude Le Guennec.
Des sculptures végétales aux formes animales
C’est grâce à des "robes" d’arbres, à mi-chemin entre la parure et le parasite, que l’artiste s’est d’abord fait connaître. Elle s’est également distinguée au cours des dernières années au travers d’une création monumentale imaginée pour le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire : un labyrinthe intitulé "Les pétales du désir".
Pour Cholet, Aude Franjou propose à nouveau un travail de création. Des installations sans titre qu’elle a choisies, une fois n’est pas coutume, de présenter en intérieur, dans les salles d’exposition du musée en l’occurrence, pour alimenter une réflexion sur la friche industrielle.
L’exposition "sera constituée de sculptures aux formes semblables à des bulbes de plantes en cours de germination, plongés dans un camaïeu de rouges vibrants", sans doute en référence aux couleurs du lieu marquées par celles de la brique et du mouchoir qui y est tissé depuis 2003. "Posés à même le sol, émergeant des murs, s’étalant le long des cloisons, tels une foule végétale frissonnante, les bulbes, sculptures végétales aux formes animales, s’ouvriront au regard du spectateur qui sera invité à évoluer parmi eux." Des bulbes que l’artiste considère à juste titre comme "des usines de vie végétale par essence", dont le substrat se trouve vraisemblablement ancré dans l’âme et la sueur des personnes qui ont travaillé dans l’ancienne blanchisserie.
Une exposition qui a bénéficié des soutiens de la Direction des Affaires Culturelles des Pays de la Loire et de l’Association des Amis du Musée du Textile Choletais.










