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La Californie soigne ses fumeurs de marijuana

L’Etat de Californie publie un guide à l’usage des malades fumeurs de cannabis. Une manière pour eux de connaître leurs droits alors que l’Etat fédéral américain pourchasse tous les fumeurs de « weed ».

LAUREEN ORTIZ à Los Angeles mercredi 27 août 2008

Face aux raids anti-cannabis du gouvernement fédéral américain, le ministre de la justice californien, Edmund G. Brown Jr., vient de publier une directive en forme de guide à l’usage des malades fumeurs de marijuana et des autorités. « Ce guide aidera les agences de maintien de l’ordre à faire leur devoir en accord avec la loi californienne et aidera les patients à comprendre leurs droits », a déclaré Brown. En Californie, la loi autorise depuis 1996 l’usage médical de la marijuana. Environ 200 000 malades s’en procurent avec la bénédiction de leur médecin. Seul hic : la loi fédérale interdit tout usage ou revente de cette drogue. Et l’autorité chargée de la faire respecter multiplie les opérations, notamment chez les revendeurs.

Hollyweed

C’est le cas, symbolique, de Charles Lynch, vendeur de marijuana à Morro Bay. Il a été inculpé au début du mois par les autorités fédérales et risque cinq à 85 ans de prison lors de son jugement prévu en octobre. « L’Administration ne fermera pas les yeux sur la violation des lois anti-drogue de notre nation, censées protéger nos citoyens, nos enfants », s’est justifié Timothy Landrum, haut responsable de l’Administration des lois anti-drogues.

« Il y a un risque de finir en prison alors qu’on a tous les certificats qui montrent que notre activité est légale », proteste Jared, 28 ans, employé à Hollyweed ("Weed", herbe en français), un studio de musique reconverti en boutique de cannabis qui a pignon sur rue au cœur d’Hollywood. Confiné dans une pièce sans fenêtre, il prend tout de même des précautions. Assisté d’un agent de sécurité, il se méfie des questions. « Il y a deux mois, un patient s’est fait arrêté sur le chemin du retour en possession de 2 ou 3 grammes de cannabis », raconte-t-il. « Il est allé au tribunal, au final il a gagné. La police a dû lui rendre les quantités d’herbe confisquées ».

Ces opérations permettent aussi de piéger des dealers illégaux. La semaine dernière, deux hommes qui utilisaient leur prétendue officine comme vitrine à un trafic illégal ont été arrêtés à Los Angeles.

Flou

Au total, le flou règne parmi les milliers de vendeurs de cannabis. Il est d’autant plus difficile de s’y retrouver que les médecins n’ont pas le droit d’indiquer à leurs patients où se procurer la substance, souligne Christine Paoletti, une « cannabis doctor » qui a accordé 400 autorisations à Los Angeles.

Ce nouveau guide officiel est la première tentative, en douze ans, de définir les contours des lieux autorisés. Il indique notamment que le commerce de marijuana doit être le fait de coopératives ou de collectifs qui poursuivent un but non lucratif. La plupart sont gérés par des patients. Jared est lui-même un patient qui se soigne au cannabis. « J’en prend depuis des années pour calmer mes migraines », explique-t-il. Considéré comme un simple dealer aux yeux des agents fédéraux, il est plutôt confiant sur la tendance en marche : si la Californie a été le premier Etat à légaliser la marijuana médicinale, douze autres Etats l’ont fait depuis.

Date de parution jeudi 28 août 2008 11:58

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