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La toute nouvelle pasionaria radicale

2005/01/02 - 24 Heures

Christa Markwalder Bär est l’une des révélations du Conseil national. Elue il y a un an, La Bernoise se bat souvent pour des sujets qui a priori semblent plus de gauche que de droite.

Assise dans la salle des pas perdus, Christa Markwalder Bär est en grande discussion avec trois autres personnes. Le thème débattu : l’initiative "Protéger la jeunesse contre la narcocriminalité". La radicale bernoise est en effet coprésidente du comité multipartite qui prône la légalisation du cannabis. Pour l’heure, les initiants ont récolté 70’000 signatures valables. Mais la jeune femme reste foncièrement optimiste. Elle est convaincue que ce texte aboutira et que le dernier mot sur le chanvre reviendra au peuple. Parallèlement à la récolte de paraphes, elle travaille avec d’autres parlementaires à la recherche d’un consensus.

Elle a battu son père
Cette initiative, c’est tout Christa Markwalder Bär. A 29 ans, elle vit avec son époque et se bat pour des idées progressistes. Pour les défendre, elle est même prête à descendre dans la rue. De plus, la juriste a le contact facile et collabore volontiers avec des personnalités de divers partis. Outre la dépénalisation du chanvre, ses combats sont la réforme du système scolaire suisse, le Pacs, l’adhésion à l’Union européenne ou la création d’une loi sur la prostitution. Vous avez dit radicale ? La Bernoise ne s’est-elle pas fourvoyée en prenant sa carte du PRD ? Elle rit : "Je suis idéaliste, mais aussi pragmatique. Les jeunes du PS sont eux trop dogmatiques". Toutefois elle admet faire partie de l’aile gauche de sa formation. Et même écologiste. "J’essaie d’amener une certaine sensibilité écologique au sein du Parti radical. Ce n’est pas toujours facile", lâche-t-elle dans un grand sourire. Mais elle veut lever tout doute sur son appartenance partisane : "Pour les questions économiques, je suis très libérale". S on bip vibre. Elle se précipite dans la salle du Conseil national pour aller voter.
La politique chez les Markwalder, c’est une histoire de famille. Son père et sa mère sont radicaux depuis toujours. Mais leur manière de s’engager était trop "ennuyeuse" aux yeux de la jeune Christa. Elle voulait organiser des manifs ou récolter des signatures. Finalement, elle adhère à la section de Berthoud du Parti radical et devient conseillère de ville en 1998. Son ascension sera fulgurante. En 2002, elle sera élue au Grand Conseil bernois avec 87 voix d’avance sur Hans-Rudolf Markwalder... son père. Petite tragédie familiale vite oubliée. Son élection au Conseil national a en effet permis à son paternel de la remplacer au Législatif cantonal.
Violoncelliste dans un orchestre et un quartet, Christa Markwalder Bär aime le devant de la scène. Très rapidement, elle est devenue une star politique en Suisse alémanique. Elle a déjà participé à plusieurs reprises à Arena et à nombre de débats. La Bernoise est même devenue un personnage "people". La presse a ainsi parlé de son mariage l’an dernier avec le chirurgien Walter Bär, de vingt-six ans son aîné. Elle se laisse aussi volontiers photographier avec son chien, dont elle parle d’ailleurs sur son site personnel. On apprend qu’il s’appelle Schatje, soit l’équivalent néerlandais du "Schätzeli" (petit trésor) alémanique. C’est carrément un "chien politique", ditelle, car il l’accompagne à de nombreuses séances. Et les séances, Christa Markwalder Bär les aligne. Elle est ainsi membre de la direction du Parti radical suisse, des Femmes radicales et des Jeunesses radicales.

Femme alibi ?
Les dirigeants du PRD ont compris que son charme, sa jeunesse et ses idées progressistes contribueraient à donner une nouvelle image à une formation bien malmenée ces dernières années. Jeune femme alibi ? "Je n’ai pas cette impression. Je crois que l’on me prend au sérieux".
Nouvelle coqueluche des radicaux, très appréciée à gauche, elle peut légitimement nourrir de belles ambitions politiques. Lesquelles ? Elle tire sur sa cigarette : "En siégeant au Conseil national, j’ai déjà atteint mon but".
La jeune femme nourrit un autre objectif, terminer sa thèse de doctorat. Son sujet : "La démocratie directe et l’adhésion à l’Union européenne". "J’aurai ainsi des arguments scientifiques et pas seulement politiques à amener dans le débat", dit-elle tout sourire.

BERNE / VINCENT BOURQUIN
Date de parution jeudi 13 janvier 2005 00:00

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