Le chanvre - le vieux et utile compagnon de l’homme
Bushka Bryndova, le 31 mai 2005
Au temps présent presque tout le monde a déjà entendu parler de chanvre. Au contraire des fermiers américains qui seulement dans le moment où la prohibition de marihuana entrait en vigueur avaient découvert avec une grande stupeur que cette drogue malfamée n’était en fait rien d’autre que la plante qui couramment poussait sur leur champs, le public général d’aujourd’hui est bien au courant de ce fait. Nous vivons dans le temps de l’internet et de la société d’information, donc il serait tout-à-fait normal qu’on soit mieux informé que des paysans américains de la première moitié du 20ème siècle. Mais est-ce tout-à-fait vrai ? De nos jours nous nous sommes déjà habitués que les politiciens et les média nous mentent à tous les sujets possibles, alors pourquoi devraient-il dire la vérité justement sur la marihuana ?
Nous avons l’accès à un tas immense d’informations mais cela ne signifie nullement que nous soyons beaucoup mieux informés que nos ancêtres. La plupart de gens n’a même pas le temps d’analyser ces informations et se satisfait des opinions toutes faites dans les média officiels. Il est bien connu qu’un mensonge mille fois répété devient une vérité généralement acceptée. A propos de chanvre ceci est encore plus valable que pour toute autre chose. Dans toute l’histoire moderne de l’humanité aucune autre plante ne fut autant démonisée et calomniée que le chanvre. Aucune autre plante pourtant n’a pas tellement bénéficié à l’humanité et ne l’a pas autant aidé dans le processus de sa civilisation que le chanvre. Et c’est justement pour cette large utilité générale qu’il est aujourd’hui autant persécuté et prohibé. Le chanvre est en réalité très dangereux ! Seulement la question se pose pour qui en fait et pourquoi ?
L’histoire de la prohibition de chanvre
Les gens utilisent le chanvre déjà depuis toujours et plantent ou ramassent ces plantes qui poussent pratiquement dans le monde entier. La plupart des vieilles cultures considérait le chanvre comme un cadeaux de Dieu et le vénéraient comme sacré. Le chanvre fut utilisé en tant que médecine et également comme plante alimentaire et industrielle. Il est bien probable que le chanvre était au berceau d’un tel élément crucial de civilisation de l’humanité qui est l’agriculture parce qu’il parait que ce fut la toute première plante de culture cultivée par nos ancêtres. Les découvertes archéologiques prouvent que le chanvre est un vieux et utile compagnon de l’humanité déjà depuis de la préhistoire.
En Europe fut le chanvre interdit déjà dans le Moyen age par l’inquisition et classé dans la catégorie des herbes sorcières. La culture de chanvre fut largement répandue mais fumer ses fleurs était dorénavant considéré comme un crime de sorcellerie habituellement puni par la peine de mort. Le rôle d’inquisition dans l’histoire moderne fut reprise par des magnats industriels américains qui sont allés encore plus loin que l’église et ont simplement interdit le chanvre comme tel. Ils avaient réussi ternir l’image de chanvre pour que son utilisation soit regardée comme un symbole de déchéance morale aboutissant en dépendance aux drogues dures. La marihuana consommée au départ seulement par des immigrés mexicains était présentée comme une drogue « étrangère » et sa persécution portait un sceau évident de racisme. On l’accusait de tout les méfaits liés à l’afflux de la main-d’oeuvre étrangère du début du siècle passé et l’utilisèrent en tant qu’un bouc émissaire. Pas étonnant - le chanvre représentait une concurrence dangereuse aux nouvelles industries de l’époque reliant surtout sur le pétrole comme matière première.
A présent dans le monde on est en train de reculer dès la prohibition totale de marihuana vers un approche plus libéral car les études scientifiques ont déjà prouvé que cette drogue douce est moins nocive à la santé publique que des drogues légales comme l’alcool et le tabac. En plus il s’est avéré que la prohibition stricte de marihuana n’a pas d’effet dissuasif attendu mais au contraire est socialement malfaisante et que la suppression de pénalités pour sa possession personnelle n’aurait pas eu un effet négatif sur la société. Après la dé-classification de marihuana dans le groupe C (le groupe des substances illégales les moins dangereuses) faite en Grande Bretagne il y a un an, il est déjà clair qu’il n’a pas eu une montée de sa consommation comme le prédisaient certains critiques de cette mesure de décriminalisation. En plus, une étude faite en Grande Bretagne par l’Independent Drug Monitoring Unit vient d’indiquer que le chanvre est en train de perdre le goût de « fruits interdits » auprès de la très jeune génération parce que le nombre de nouveaux consommateurs pour l’année passée a descendu au plus bas depuis toute une décennie.
Les ennemis de chanvre ne rechignent devant rien quand il leur faut dénoncer cette plante. Leur méthodes n’ont souvent rien de scientifique car leur aversion envers cette plante n’a pas de raisons rationnelles étant motivée plutôt par leur intérêts pécuniaires que par l’intérêt de bien publique. Le mythe sur le contenu de THC extrêmement haut dans le marihuana d’aujourd’hui en est un bon exemple. Il a été crée par les spécialistes anti-drogue américains qui prétendaient que la jeunesse d’aujourd’hui fume le cannabis qui est dix fois ou plus encore plus fort que celui jadis fumé par les hippies. Ils mettaient en garde le public en disant que la marihuana était depuis ces temps idylliques devenue aussi dangereuse que les drogues dures. Naturellement il s’est avéré que c’était un non-sens et finalement il fut découvert que au cours des années ces « spécialistes » ajustaient la méthode de mesure afin d’obtenir des résultats désirés. Au début ils mesuraient le contenu de THC dans toute la matière végétale de la plante mais plus tard ils prennaient en compte seulement les fleurs. Rien d’étonnant que la teneur de THC montait en flèche. Cette superchérie n’était pas gratuite car elle avait un but bien précis - effrayer les parents des jeunes gens faisant autrefois partie du mouvement hippie qui pourrait avoir une attitude tolérante envers cette drogue.
Les risques de santé liés au chanvre
Le chanvre est une plante médicinale psychoactive qui temporairement modifie la condition de notre conscience et il faut donc la consommer en toute connaissance de cause - de la même manière que toute autre substance naturelle de ce genre. Son utilisation raisonnable procure une relaxation agréable et enrichissante, facilite les contacts sociaux en améliorant l’empathie et surtout ne cause pas une si grande et dangereuse dépendance que les autres substances légales couramment utilisées pour la relaxation. Dans la table d’évaluation de force de dépendance faite par des spécialistes américains de John Hopkins Medical School la marihuana se trouve en dernier lieu après la nicotine, drogues dures, alcool et coféine.
Les dernières résultats de recherche scientifique publiée par Psychiatry Research viennent de rejeter la connexion causale entre l’usage de marihuana et le développement de schizophrénie - le thème populaire parmi les opposants à la décriminalisation en ce dernier temps. Pourtant il n’est moins vrai que la consommation de chanvre psychoactive par la très jeune population pourrait avoir des effets graves chez des individuels génétiquement prédisposés et en général à cette age est au moins aussi dangereuse que des drogues légales comme l’alcool et la nicotine. En ce qui concerne la consommation de marihuana par des personnes adultes l’on peut seulement rappeler que toutes les commissions scientifiques indépendantes qui avaient étudié cette question (plus d’une vingtaine) ont conclu que l’usage recréationnel de cannabis n’était pas dangereux à la santé et ne représentait pas un problème social (Zimmer, L., & Morgan, J. P. (1997). Marijuana myths, marijuana facts. New York : The Lindesmith Center).
Marihuana a l’avantage par rapport à l’alcool de ne pas causer une « gueule de bois » de lendemain et pour cette raison est devenue de plus en plus populaire dans les milieux des jeunes cadres bien payés comme le prouve une recherche récente faite par Le Centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies (CCLAT). Déjà depuis des années il n’est plus vrai que la marihuana soit fumée seulement par des babacoules aux cheveux longs. Entre ses utilisateurs d’aujourd’hui on trouverait aussi bien des employés des grandes entreprises et des banques, des scientifiques aussi bien que des artistes ou des informaticiens. La moyenne d’âge des consommateurs a considérablement monté et devrait encore monter à l’avenir avec le vieillissement de la population des utilisateurs actuels.
La guerre anti-drogues
La « guerre anti-drogues » américaine a toujours été un échec flagrant et à temps présent l’est encore. En cours des dernières décennies elle avalait gouluement l’argent des budgets publics et introduisait des peines de plus en plus lourdes pour les consommateurs des drogues. L’effet de cette lutte s’est avéré plus que contradictoire parce que les drogues sont devenues souvent encore plus fortes et mieux disponibles que dans le passé car leur prix sont à la baisse. La métaphore « guerre anti-drogues » fut inventée en 1968 par Richard Nixon dans le cadre de sa campagne électorale présidentielle fondée sur l’attitude « dure » envers la criminalité. Le concept a été largement développé par ses successeurs dans les trente années suivantes parce qu’il convenait parfaitement à certains groupes d’intérêt puissant.
D’un côté en faisaient partie les parents effrayés par le comportement incontrôlable des ados mais on pourrait y compter aussi l’appareil policier qui reniflait un bon moyen de nourrir son budget ou les hommes politiques attirés par le charme de « gros bras musclé » montré aux électeurs en prenant une attitude de défenseur de l’ordre publique. Les présidents américains souvent utilisaient la lutte contre les drogues afin de détourner l’attention du public de leur affaires sales, les média aimait les gros titres sur les drogues sur la une et pour les technologues de pouvoir militaire était devenue un succédané remplaçant des ennemis communistes des temps de la guerre froide.
Mais les temps changent même en Amérique et pour preuve il y a le renversement d’attitude d’un côté d’où on s’en douterait le moins de tout. Les policiers américains ont fondé en 2002 l’organisation LEAP dont le but était donner l’espace d’expression aux protecteurs de la loi actifs et pensionnés qui sont convaincus que la guerre anti-drogues était un échec. LEAP demande la fin de la prohibition des drogues et son remplacement par des méthodes alternatives afin de diminuer le nombre des décès, crimes et problèmes liés aux drogues. Deux années depuis sa création cette organisation s’est élargie à partir de cinq membres fondateurs au nombre actuel de plus de deux milliers de professionnelles des structures policières et juridiques dans huit pays.
Dans le LEAP ils sont convaincus que si l’on veut lutter efficacement contre les drogues, il faudrait d’abord les légaliser et les exclure du marché noir en tant que source de profit. Ils sont persuadés que en légalisant les drogues, en les faisant disponibles en petites quantités (pour consommation personnelle) à toute personne adulte qui en désirait, on affaiblirait radicalement le pouvoir de crime organisé et des groupes terroristes pour qui les drogues représentent une source inépuisable de revenus.
Suite au échec criant de programme anti-drogues américain DARE il était devenu clair que la guerre contre la marihuana fut une faillite totale. Les jeunes américains commencent à fumer le cannabis même encore plus tôt que les jeunes en Hollande où est son utilisation tolérée. Cet une de raisons pour lesquelles plusieurs pays de l’Union européenne procédèrent dans les dernières années à sa décriminalisation pour usage personnel et un nombre d’autres pays la tolère en pratique. La stratégie anti-drogue européenne (Le rapport Catania) rejette formellement la tolérance zéro prônée par les USA et s’oriente plutôt à la réduction des dommages causés par les dépendances aux drogues. Au Canada et en Hollande on peut obtenir le cannabis sur une prescription médicale dans les pharmacies. Et c’est le Canada qui comme le premier pays au monde vient d’accorder un dégrèvement fiscal aux patients qui utilisent la marihuana sur prescription médicale.
La méchante sorcière marihuana - la meilleure copine des politiciens
La persécution de marihuana est une affaire purement politique est n’a rien à faire avec des opinions scientifiques. Le grand public est souvent poussé contre la marihuana par des campagnes médiatiques cherchant une matière à scandale afin d’attirer l’intérêt de grand public mal informé. Ce sont en effet les hommes politiques qui abusent de cette drogue lorsqu’ils instillent la peur de cette méchante sorcière marihuana chez nos concitoyens. En réalité il l’aiment bel et bien parce que la peur de cette drogue leur sert aussi bien que n’importe quelle autre frayeur utilisée pour mieux manipuler le public.
Les politiciens aiment ces campagnes anti-marihuana parce que entre autre elles les aident à créer un environnement favorable pour des allocations budgétaires destinées à l’appareil répressif. Il n’est certainement un pur hasard que la répression d’utilisation recréationnelle de chanvre soit souvent supportée par des politiciens liés au lobby industriels dont les profits pourrait être menacés par sa légalisation. De l’autre côté de plus en plus de gens refuse de croire à cette propagande de mensonges parce qu’ils savent déjà que la marihuana n’est pas de tout aussi dangereuse comme on dit car ils l’avaient déjà essayé. Aussi est en train de monter le nombre de personnes appartenant à la vielle génération qui ont déjà découvert les effets bienfaisants de chanvre à leurs problèmes de santé. Souvent ils ne le fument même pas mais ils l’utilisent sous la forme des pommades, teintures et autres préparations. Ceci n’est pas étonnant en sachant que traitement par la marihuana est souvent aussi bien efficace que le traitement par des médicaments classiques et en plus sans effets secondaires néfastes. Il y a aussi un autre avantage important - si l’on a la possibilité de cultiver son propre matériel, ce traitement est aussi considérablement moins cher !
Un des arguments les plus souvent présentés contre la décriminalisation de marihuana est l’état actuel sur les routes où il n’existe pas un moyen fiable pour détecter l’état d’intoxication momentanée par le THC. Les tests d’urine couramment utilisés par la police routière démontrent seulement l’utilisation passée de la drogue. Ils détectent la présence des métabolites du THC psychoactive qui se produisent dans l’organisme seulement quelques quatre heures après avoir fumé la drogue et y sont détectables encore pendant quelques jours ou semaines. La police européenne démarre un programme pilote qui testera l’efficacité de nouveaux tests de salive anti-drogues pour les chauffeurs. Les tests prendront toute une année et seront coordonnés par l’association des polices routières européennes TISPOL. Ce type de tests est au contraire de tests d’urine basé sur la détection des « drogues parentes » qui persistent dans la salive pendant quatre heures - le temps correspondant à la durée d’intoxication effective.
Les professionnels européens anti-drogues sont pratiquement tous contre la tolérance zéro à la marihuana et la considèrent comme contradictoire aux résultats de la recherche scientifique dans le domaine médical aussi bien que social. L’utilisation de marihuana par des personnes adultes ne pose pas un problème grave mais il faudrait protéger les adolescents dont l’organisme est encore en évolution. Ce pour cela il est dans l’intérêt public que tous les utilisateurs responsables de chanvre - industriel aussi bien que psychoactive - devraient protéger la jeunesse adolescente devant la consommation prématurée des variantes psychoactives de cette plante. Et la meilleure façon à ce faire est de distribuer des informations objectives basées sur la science et certainement pas en supprimant l’accès à ces information où en mentant.
Le chanvre comme médecine
Dans le passé ancien le chanvre fut utilisé pour ses effets médicaux aussi bien qu’il l’est encore de nos jours. La première mention écrite de son utilisation médicale vient de la Chine et date déjà depuis cinq mille ans mais il est bien clair que l’humanité utilisait cette plante pour guérir déjà depuis l’aube des âges. Jusqu’à la fin du siècle 19ème le chanvre faisait partie de la pharmacopée générale et était utilisé par des célèbres personnages historiques comme la reine britannique Victoria qui l’utilisait pour le syndrome prémenstruel. Elle le prenait sur la prescription de son médecin personnel Sir Russell Reynolds, qui écrivit dans le premier numéro du fameux magasine médical The Lancet (1890) : « Si le cannabis est pur et utilisé avec précaution, nous pouvons le considérer en tant que un des médicaments les plus précieux dont dispose la science médicale. » Le chanvre contient approx. 600 matières connues dont seulement un dixième fait partie des cannabinoïdes prohibés. La recherche scientifique se concentre surtout sur ceux-là et les autres composantes de chanvre sont injustement laissées de côté.
Cette herbe médicinale est très efficace dans le traitement des certaines maladies très sérieuses comme la sclérose en plaque, la maladie de Parkinson ou le cancer mais elle soulage aussi bien dans des problèmes de santé beaucoup moins graves et plus courants. Elle est très utile pour le traitement des nos « maladies de civilisation » et des problèmes liés au vieillissement. Contrairement à la plupart des médicaments classiques cette médecine naturelle n’a presque pas d’effets secondaires dangereux mais au contraire, la majorité de patients qui l’utilisent pour se guérir, se réjouit de se sentir de bonne humeur.
Récemment les scientifiques ont fait un nombre des recherches approfondies sur les effets médicaux de chanvre qui confirment son efficacité. Au Canada vient d’être commercialisé le médicament Sativex préparé à partir de chanvre qui est destiné aux malades avec la sclérose de plaques. Il y a déjà des années que sont utilisés des médicaments à la base de THC synthétique sous des différents noms - par exemple le Marinol - qui aident contre certains effets indésirables de la chimiothérapie chez des patients cancéreux et des effets secondaires de médicaments contre le SIDA. Les chercheurs modernes sont en fait en train de découvrir ce que nos ancêtres savait depuis toujours - que le chanvre était une puissante herbe médicinale. Néanmoins il y a quand même une très grande population de gens à travers le monde qui ne l’a pas oublié et qui utilise le chanvre pour se guérir ou bien tout simplement pour relaxer après une journée stressée.
C’est justement cette efficacité thérapeutique de chanvre qui ne plaît pas à l’industrie pharmaceutique. Sur les dernières décennies a radicalement augmentée la consommation des médicaments « de confort » prescrits par les médecins qu’on pourrait souvent remplacer par le chanvre, une plante que n’importe qui pourrait facilement planter dans son jardin car elle pousse presque partout. Une pommade de chanvre facile à préparer chez soi est souvent beaucoup plus efficace pour les arthrites que les préparations de médecine classique qui non seulement coûtent cher mais en plus ont des effets secondaires négatifs. D’où l’hostilité de cette branche industrielle vis-à-vis de la légalisation de chanvre qui explique pourquoi les sociétés pharmaceutiques sont souvent parmi les sponsors de campagnes anti-marihuana. Elles ne sont pas seules car à leur côté on trouverait aussi les producteurs de boissons alcoolisées qui n’aiment pas le fait que les utilisateurs de cannabis ne sont pas souvent des grands buveurs comme l’alcool et l’herbe ne vont pas bien ensemble. Mais il n’y a pas que ces deux industries qui seraient menacées par l’expansion globale de culture de chanvre qui aurait inévitablement ensuivi sa légalisation.
Utilisation industrielle de chanvre
Le chanvre possède un potentiel presque incroyable d’utilisation industrielle. Ses grains et fibres s’utilisent pour un grand nombre de produits qu’aujourd’hui on trouve déjà sur le marché. Il est utilisé non seulement pour la fabrication des textiles mais aussi du papier dont la qualité est très supérieure au papier fait avec du bois. Cela n’a rien d’étonnant parce que le papier de chanvre était utilisé depuis l’invention de la typographie (la première Bible fut pressée sur ce papier) jusqu’au 19ème siècle, où il fut remplacé par le papier de bois car sa production était plus facile. Étant donné que la production mondiale de papier a monstrueusement augmenté depuis ce temps, nous sommes arrivés actuellement au chiffre effrayant de 60% de bois disparus de faute des activités humaines. Pourtant la même surface de chanvre produirait quatre fois plus de papier que la même surface de bois.
A partir de tiges de chanvre on produit également des matériaux de construction et d’isolation aux qualités hautement écologiques dont le marché est en pleine expansion. Un autre produit à la base de chanvre qui est en hausse sont les matières plastiques - surtout pour la production des moulages utilisées dans l’industrie automobile. Le plastique fait avec du chanvre est très écologique car il est pleinement biodégradable. La biomasse de chanvre peut être convertie par la pyrolyse en méthane qui est un combustible puissant. Les tiges de chanvre peuvent même servir à la fabrication de pellettes avec la même capacité calorifique que le charbon de chauffage (lignite).
Les grains de chanvre s’utilisent pour la production d’huile qui est une matière première de choix pour un nombre de produits cosmétiques très recommandés pour des personnes souffrant des eczémas atopiques et de psoriasis. Les graines également possèdent un potentiel nutritif inattendu car elles contiennent la protéine edestine qui est très proche aux protéines humaines et a un effet guérissant et régénérant. Les graines peuvent être utilisées pour la production du lait végétal avec une grande valeur nutritive qui à la suite peut servir à la fabrication de fromages et d’autres produits laitiers. Aujourd’hui où nous sommes de plus en plus souvent affrontés aux problèmes liés avec les maladies de bétail, les graines de chanvre pourrait offrir une bonne alternative qui en plus satisferait les plus strictes critères d’alimentation saine.
La recherche dans le domaine d’utilisation de chanvre est en train de faire des pas géants en ce temps et il est déjà clair qu’il pourrait remplacer une grande partie des produits couramment faits à partir des combustibles fossiles. Le remplacement de ces combustibles par des plantes industrielles serait hautement raisonnable car en brûlant la biomasse on n’ajoute pas de nouveaux gaz de serre à l’atmosphère - l’oxyde de charbon relâché était auparavant absorbé durant la croissance des plantes. La fumée de chanvre ne contient pas de souffre et d’autres agents indésirables et polluants. Le chanvre est également un instrument très efficace dans la réhabilitation de terres polluées par des activités minières et industrielles car il extrait les métaux lourds des sols. En plus il enrichit les sols agricoles en produisant une importante quantité de humus. Les agriculteurs des temps anciens connaissaient très bien cette propriété presque miraculeuse de chanvre qui sait débarrasser la terre des mauvaises herbes et le plantait entre des autres cultures pour les protéger.
Sur la dernière décennie ont été conçu des nouvelles variétés de chanvre sans effets psychoactifs avec une apparence souvent identique au chanvre prohibé - le chanvre industriel. Cette plante très écologique, car n’ayant pas besoin de pesticides ni herbicides, a l’usage similaire à celui de chanvre naturel. Malheureusement, c’est justement le chanvre industriel qui paie les frais de la prohibition de celui-ci Cette chasse à la méchante sorcière marihuana sans aucune base scientifique et servant uniquement les buts de certains partis politiques et de leurs amis dans des groupes industriels a un effet nettement négatif sur le potentiel d’expansion de la culture de chanvre industriel. C’est surtout dans les pays adhérant au modèle américain de la guerre anti-drogue où on vois ces conséquences néfastes.
Comme un exemple typique pourrait servir le cas de Petr Zacek, un cultivateur de chanvre industriel de la République tchèque. Il plante son chanvre dans un but très précis car il l’utilise pour la construction de sa maison de famille. Il y deux ans sur la dénonciation d’un voisin malveillant les policiers arrivèrent à son champ et firent une analyse de ses plantes. Au malheur de Monsieur Zacek il trouvèrent 0,35% de THC au lieu du contenu légal de 0,30% et depuis le fermier tchèque est en prises avec la machine judiciaire qui la déjà condamné en première instance à un an de prison avec sursis. Son cas est actuellement à la Cour d’appel et la communauté des cultivateurs de chanvre industriel tchèques attend avec impatience quel sera son verdict. Si ce fermier du Nord de la Bohême sera reconnu coupable de production de drogues cela donnerait un très mauvais signal à tous qui sont intéressés dans la culture de cette plante. La situation est également très mauvaise dans la Slovaquie voisine où les planteurs de chanvre industriel sont exposé à une fastidieuse chicanerie de la part des autorités. Pourtant ces deux pays aussi bien que toute la région de l’Europe centrale ont une longue tradition historique de culture et utilisation de cette plante et à temps présent ont fort besoin de cultures industrielles pour les grandes surfaces de terre arable dont ils disposent. En plus il y aurait un marché pour la fibre de chanvre car les deux pays l’importent de l’étranger.
La croisée de chemins de notre civilisation
Ces derniers temps on entend souvent parler de la menace de réchauffement global comme du plus grand danger que l’humanité ait jamais à affronter. L’humanité possède un potentiel inépuisable d’idées et d’inventions et toute son histoire prouve qu’elle est capable d’être très créative dans les périodes de crise. Il est plus que probable que justement cette menace mortelle la pousserait à trouver des nouvelles sources d’énergie qui ne représenteraient plus de danger pour notre environnement. Ce serait seulement une question de temps que quelqu’un viendra avec une découverte révolutionnaire et suffisamment simple dont l’utilisation serait accessible même pour les nations pauvres.
Mais entre temps il serait nécessaire de couvrir la demande d’énergies à partir de sources les plus propres et si possible provenant des ressources récupérables. Nous devrons essayer d’éviter le scénario d’un changement de climat rapide et limiter les émissions des gaz de serre au maximum. Il faudra nous préparer à ce que certains de ces changements ont été déjà inscrit dans le système par le passé à cause de la grande force d’inertie du système climatique de la Terre et ne nous épargneront.
Si l’humanité prenait ce chemin et utilisait le chanvre et autres plantes industrielles à la place des combustibles fossiles, les réserves de ces ressources naturelles très précieuses resteraient sauvegardées pour les prochaines générations et en plus on aiderait efficacement à résoudre le problème de changements climatiques.
Le protocole de Kyoto est seulement un début et peut être il gagnera son importance historique en étant le premier pas dans les limitations radicales des émissions qui vont inévitablement s’ensuivre. Le système de commerce des droits d’émission démarré par le protocole de Kyoto sera un moteur des changements économiques que les politiciens ne pourront plus ignorer.
Il commence à être clair que n’est plus valable la théorie économique actuelle d’une croissance infinie comptant sur l’inépuisabilité de ressources naturelles et sur la capacité également infinie de notre planète d’absorber la pollution générée par les activités humaines. Aujourd’hui l’humanité se trouve sur une croisée de chemins où se décidera de son sort - de sa survie ou de sa perte. Cela ne prendrait pas trop longtemps avant qu’émerge une nouvelle théorie économique qui nous montrera le bon chemin.
A présent on pourrait seulement spéculer sur sa direction mais il commence déjà à être clair que le style de notre vie devra radicalement changer. Il est probable que cette nouvelle économie mondiale sera basée sur une croissance pas matérielle comme jusqu’alors mais sur une croissance culturelle et spirituelle, où le but recherché représenterait une bonne qualité de vie y compris des services fonctionnels et un environnement convenable. Il est donc très probable que l’humanité rejettera la course actuelle aux indicateurs économiques qui n’ont rien en commun avec la vrai qualité de vie de la plupart de gens et prendra une route de raison.
On devra renoncer au style de vie de consommation en échange de survie de l’espèce humaine, ce qui beaucoup d’entre nous n’accepteront pas avec grand plaisir. Mais franchement parlant, es-que cette société de consommation nous a vraiment donnée autant pour devoir la regretter ? Autant pour valoir notre extinction ? Peut être nous nous mettrons d’accord que face à un pareil choix, le changement de style de vie serait un bon business pour l’humanité - et le chanvre en fait une partie indivisible.









