Les Suisses font le joint
Info 10
Un Suisse sur cinq admet avoir déjà fumé du chanvre. Mais il y a mieux (ou pis, selon les cas...) 49% des Helvètes seraient pour une dépénalisation de la consommation de cette drogue douce. Voilà ce qui ressort d’un sondage, publié hier par le SonnstagsBlick, qui cite, de plus, le témoignage de cent personnalités "fumeuses".
A quelle fréquence avez-vous fumé du haschisch ?
Plus d’une fois par jour 5%
Une fois par jour 7%
Une fois par semaine 13%
De temps à autre 32%
Seulement une fois 26%
Pensez-vous que la consommation de haschisch ne doit pas être punissable ?
OUI 49%
NON 41%
Claude Frey "Je suis contre !"
Claude Frey, vous vous opposez à une légalisation de la consommation du H. Pourquoi ?
Même si la nocivité du haschisch est moins grande que celle de drogues dures, son interdiction permet une première barrière. Chaque fumeur ne devient certes pas accroché aux drogues dures, mais tous les toxicomanes ont commencé en fumant !
Une distinction entre drogues dures et douces doit-elle être faite ?
Oui c’est déjà le cas. Cette distinction se fait au niveau de la punition. Celle-ci est en effet beaucoup plus grande dans le cas des drogues dures.
Le sondage du "Sonntags-Blick" n’affaiblit-il pas votre position ?
Non. Nous n’avons jamais proposé d’arrêter de légiférer sur certains vols parce qu’ils sont fréquents ! De tels résultats ne doivent pas inciter à baisser la garde.
Ils racontent leur expérience
Dans le SonntagsBlick d’hier, mais aussi dans l’Hebdo du 6 février, certaines personnalités ont admis avoir déjà fumé un joint. Petit panorama :
Beaucoup de personnalités ont fumé dans leur jeunesse. C’est le cas de Peter Bodenmann, de François Lachat, de Jean-Charles Simon, d’Alex Zulle ou de Didier Cuche. La plupart des personnes interrogées ont arrêté depuis longtemps et ne gardent pas un très bon souvenir de leur expérience passée. "J’ai été malade" ou "ça ne m’a pas fait grand chose" reviennent fréquemment. Certains admettent fumer encore, à l’image de Pierre Chiffelle : "de temps à autre, dans une soirée, c’est très convivial", a confié le conseiller municipal de Vevey, directeur de la police.
Caroline Zuercher
Je fume, tu fumes, nous fumons du haschisch. Pas tout le monde, mais presque... C’est ce que révèle un article du Sonntags-Blick d’hier : un Suisse sur cinq admet avoir déjà fumé, et 49% des personnes interrogées souhaitent une dépénalisation de cette drogue douce dans notre pays. Et cent personnalités ont affichés ouvertement leur appartenance au club de ceux qui ont essayé, avec plus ou moins d’assiduité. La légalisation de la consommation du chanvre, et avec elle une claire distinction entre drogues dures et douces, est-elle au goût du jour ? "Beaucoup de personnes consomment et plus de la moitié des infractions à la loi fédérale sur les stupéfiants concernent cette drogue, souligne Sylvain Goujon, membre du comité Proleg Genève . Mais aucun politicien ne veut véritablement lutter pour la dépénalisation, parce que le thème n’est pas porteur". Situation étonnante, qui semble néanmoins bouger : l’an dernier, les écologistes suisses ont déposé une motion allant dans cette direction, les socialistes ont lancé une initiative parlementaire et plusieurs cantons - Bâle Campagne, Zurich, Lucerne - les ont imités. Plusieurs autorités cantonales souhaitent d’ailleurs un changement. "On intervient au coup par coup, sans jamais résoudre la question de fond, explique Claude Grandjean, chef du Département de justice et police à Fribourg. Tôt ou tard, on arrivera bien à une dépénalisation : le balayage de l’initiative "Jeunesse sans drogue" a d’ailleurs montré une grande évolution dans notre société ! Du côté Vaudois, cet avis est partagé : Josef Zisyadis, chef de Justice et Police, se dit en effet ouvertement favorable à la décriminalisation. Avec un bémol tout de même : "Il faudrait alors augmenter les moyens de répression des drogues dures et instaurer une régie d’Etat permettant de récolter un impôt sur la vente".
"Le Président du Conseil National a déjà planté du chanvre dans son jardin pour son fils adoptif"
(paru dans I’Ilustré du 1er.12.97)
Le Matin lundi 16 février 1998








