Les conducteurs positifs au cannabis sont-ils plus fréquemment responsables d’un accident mortel ?
Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT)
Même s’il reste dans les limites autorisées par la loi, c’est-à-dire 0,5 gramme d’alcool par litre de sang, le conducteur est plus dangereux que celui qui a fumé du cannabis.
Lorsque l’on prend en compte l’ensemble de ces co-facteurs, les conducteurs sous influence du cannabis (toutes concentrations de THC confondues) ont 1,8 fois plus de risques d’être responsables d’un accident mortel que les conducteurs négatifs. (voir pdf)
En matière de responsabilité d’un accident mortel, les conducteurs sous influence de l’alcool (tous taux confondus) ont 8,5 fois plus de risques d’en être responsables que les conducteurs qui ne sont sous l’influence ni de l’alcool ni du cannabis. L’étude confirme également un effet-dose massif en matière d’alcool
Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT)
Étude « Stupéfiants et accidents mortels de la circulation routière » (SAM)
Éléments de conclusion
Présentation de l’étude (OFDT) voir le pdf
Les conclusions de la première enquête épidémiologique sur le lien entre usage de drogues et accidents de la route (SAM) sont la source d’un profond embarras pour la majorité au gouvernement. L’étude confirme le rôle écrasant de l’alcool pour les accidents de la route, alors que le risque d’en provoquer sous le seul effet du cannabis s’avère faible, voire nul.
P.-S.
Bulletin IACM du 3 Janvier 2005
Science : les conducteurs ayant du THC dans le sang ne présentent seulement qu’une faible augmentation du risque de provoquer un accident
Des chercheurs de l’Institut National de Recherche et d’Etude sur les Transports et leur Sécurité (INRETS) et d’autres organismes de recherche français ont présenté les résultats de la plus grande étude jamais menée sur le cannabis au volant dans le British Medical Journal. L’étude subventionnée par le gouvernement français confirme les résultats de recherches précédentes qui avaient mis en évidence une faible voire aucune augmentation du risque de provoquer un accident suite à la consommation de cannabis. Le risque augmente avec les concentrations de THC dans le sang, tel que cela fut déjà observé dans une étude australienne publiée en 2004.
L’étude contrôlée par cas a porté sur 10 748 conducteurs de différents types de véhicules motorisés (essentiellement des voitures) impliqués dans des accidents mortels en France entre Octobre 2001 et Septembre 2003 Les chercheurs ont comparé le 6 766 conducteurs considérés comme responsables de l’accident avec 3006 conducteurs sélectionnés à partir des autres 3982 autres conducteurs (cas contrôles). 681 conducteurs présentaient une concentration de THC dans le sang supérieure à 1 ng/ml, parmi lesquels 42 pour cent présentaient également une concentration d’alcool dans le sang supérieure à 0,05 pour cent. 60,5 pour cent des conducteurs positifs au THC avaient moins de 25 ans comparé aux 24,5 pour cent dans l’ensemble du groupe analysé de 9772 conducteurs.
La détection de THC quelle que soit la dose a été associée à une augmentation du risque de responsabilité d’accident (taux de responsabilité) de 3,3. Une concentration de THC dans le sang de moins de 1 ng/ml a été associée à un taux de responsabilité de 2,2, lequel a atteint 4,7 pour les concentrations de THC dans le sang supérieures à 5 ng/ml. Si l’on tient compte de la présente additionnelle d’alcool dans le sang à hauteur de 0,05 pour cent, le risque pour les conducteurs positifs au THC diminue de 3,3 à 2,4 et si l’on prend en compte de l’age des conducteurs et d’autres facteurs, le risque diminue à 1,8 pour le groupe positif au THC. Après les correctifs liés aux différents biais, une concentration de THC dans le sang inférieure 1 ng/ml fut associée à une augmentation de risque de 1,6 et pour une concentration de THC dans le sang supérieure à 5 ng/ml, elle s’élève à 2,1. Les moins de 25 ans sont associés à une augmentation de risque de 1,9. Le risque ajusté pour une présence d’’alcool supérieure à 0,05 pour cent dans le sang était de 8,5. A partir de ces données, les chercheurs ont attribué 2,5 pour cent de la totalité des accidents mortels au cannabis et 29 pour cent à l’alcool.
Dans une lettre adressée au British Medical Journal, le Dr. Franjo Grotenhermen de l’institut allemand Nova écrit que “la présentation des résultats dans le résumé de l’article est quelque peu confuse. Les chiffres des ratios de probabilité non ajustés suggèrent une augmentation du risque trois fois supérieure pour l’ensemble des conducteurs positifs au THC et une augmentation du risque deux fois plus grande même pour les conducteurs avec une concentration de THC dans le sang de moins d’1 ng/ml. Cependant, une observation attentive des résultats montre que deux autres facteurs ont contribué à atteindre un risque élevé d’accident, à savoir la consommation d’alcool et l’âge des conducteurs positifs au THC ; comparé au groupe dans son ensemble. Environ 42 pour cent des conducteurs positifs au THC étaient également positif à l’alcool, et ce, à hauteur d’une concentration d’alcool dans le sang (CAS) de 0,05 pour cent. Même une CAS inférieure 0,05 a été rapportée dans l’étude comme étant associée à un taux de 2,7 mais aucune donnée n’a été fournie quant au pourcentage de conducteurs positifs au THC présentant une CAS additionnelle inférieure à 0,05 pour cent. De ce fait, aucune information n’est disponible au sujet des conducteurs qui n’avaient que du THC dans le sang et sur leur risque de provoquer un accident, ce qui constituait un indicateur de référence dans les études précédentes. »
(Source : Laumon B, Gadegbeku B, Martin JL, Biecheler MB. Cannabis intoxication and fatal road crashes in France : population based case- control study. BMJ 2005 Dec 2 [publication électronique avant impression])










