Les producteurs de cannabis se font de plus en plus futés
Le Soleil 06 septembre 2006
Une descente était prévue, hier, dans cinq MRC de la région de Québec : L’Amiante, Jacques-Cartier, Beauce, Lotbinière et Portneuf. Dans cette dernière région seulement, la localisation des plantations de cannabis a nécessité la présence d’une vingtaine de policiers, d’un hélicoptère de l’armée et de quatre VTT.
Le Soleil a suivi une de ces équipes une bonne partie de la journée. Grâce à des renseignements recueillis sur le terrain, la police sait déjà dans quels champs de maïs et sur quelles parcelles des terres publiques elle doit effectuer les recherches.
Avec l’aide du GPS
Les survols effectués par le Griffon de la base de Valcartier permettent de détecter les îlots de marijuana dans les champs et les marquer d’une position GPS. Les données en mains, des policiers en VTT sillonnent le champ vers la position indiquée. Les plants ainsi trouvés seront arrachés, puis brûlés.
Hier, les policiers peinaient à trouver les îlots, constitués d’à peine une douzaine de plants chacun. Cette tactique permet aux producteurs de sauver la mise.
Parfois, l’intervention arrive trop tard. Et ça s’est produit hier. « À un ou deux endroits, il n’y avait plus de plants. C’est que les producteurs sont passés depuis le moment où on a reçu des renseignements sur leur emplacement », explique M. Gagné.
À un autre endroit, situé en forêt, les policiers en VTT n’ont pas su trouver les plants, même à l’aide d’une position GPS marquée du haut des airs. C’est dire comment la densité des végétaux nuit aux recherches.
Malgré ces embûches, les policiers des cinq MRC ont arraché 3500 plants. Au
coût unitaire de 1000 $ pour un plant à maturité, la saisie s’élève au plus
à 3,5 millions $.
La récolte extérieure se poursuivra ainsi jusqu’en octobre. La SQ et la GRC
ont saisi un record de 700 000 plants tout au long de 2005, tant à
l’extérieur que dans des serres et des maisons. À l’allure où va la récolte
cette année, ce chiffre pourrait être atteint, voire dépassé. Bien malin
celui qui saurait maintenant dire combien il reste de cannabis dans la
nature.










