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Nouvelle politique des addictions

L’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) prépare un nouveau débat politique sur les dépendances, de laquelle pourrait résulter de nouvelles interdictions. La question de la légalisation du chanvre reste ouverte.

La Confédération élabore un plan pour un vaste débat sur les drogues

Prochainement, l’Office Fédéral de la Santé Publique va "inciter et superviser" une large campagne de formation du public à une politique des drogues. Dès le printemps, la procédure finalisée va être soumise au conseiller fédéral Didier Burkhalter. L’objectif du chef de la section drogues de l’OFSP, Markus Jann, est que "maintenant la graine puisse germer et que l’arbre porte des fruits", non seulement dans le domaine de l’expertise, mais aussi dans ceux, tout aussi importants, de la formation et de l’économie. Comme le souligne le numéro 82 de SPECTRA, publication officielle de l’OFSP, du 8.9.2010.

Réglementation équivoque pour le chanvre

Une relance du développement de formation de l’opinion est aussi nécessaire. Ces dernières années, la position des experts a fortement ralenti les décisions politiques du pays.La Commission Fédérale pour les Problèmes liés aux Drogues (CFPD) plaide depuis longtemps pour une libéralisation du cannabis, alors que le parlement a stoppé le processus depuis 2004 et qu’une initiative sur le chanvre était refusée en 2008 par la population. Dans l’entourage de l’OFSP, on souligne que cette nouvelle campagne reste ouverte quant aux résultats. La Confédération voulant éviter de donner l’impression de s’orienter vers une nouvelle ligne politique, le but, selon l’OFSP, est d’obtenir une politique globale et cohérente pour les drogues.

Contrairement à ce qu’ont rapporté quelques médias, la position actuelle de la CFPD et de deux autres commissions sur la dépendance, rassemblée sous le titre <Défi Addictions> peut se lire comme un plaidoyer pour plus de libéralisation. Certains auteurs proposent d’en finir avec la distinction simpliste entre drogues légales ou illégales. Ils relèvent la contradiction de criminaliser les consommateurs de cannabis tout en exonérant les usagers de drogues légales. Le cadre de l’action contre la dépendance est donc augmenté dans une stratégie de "Public Health". Il s’agit alors d’amélioration de la santé, de prolongation vitale, de l’augmentation de la qualité de vie. Cet élargissement des dépendances "au delà des substances" pouvant aller jusqu’à la dépendance au jeu et à l’accroissement de la dépendance aux médicaments, est une approche plutôt nouvelle dans la politique des drogues.

Extension d’interdictions

Les ancienne propositions, très controversées, de l’OFSP concernant la restriction de vente d’alcool seraient renforcées dans l’étude.

Pour le BLICK, après avoir fait état des protestations des groupes libéraux et des associations corporatistes, "identifier trop rapidement une assimilation entre liberté civique et liberté de choix des consommateurs", "usage immodéré de l’alcool et consommation publique" ne serait "qu’un dévoiement de la liberté fondamentale" dans l’argumentation hasardeuse de l’étude.

Pour François van der Linde, président de la CFPD et responsable du compte rendu de l’étude préalable à la nouvelle campagne, il s’agit non seulement de la responsabilité et de la liberté personnelle face à la dépendance, mais d’une globalisation des dégâts sociaux ou individuels engendrés aussi bien par les substances psycho actives que par les comportements psycho agissants des jeux de hasard.

Van der Linde plaide pour une impunité de la consommation du cannabis mais aussi des drogues plus dures dans le cadre d’une réglementation et d’un contrôle des marchés, accompagnés de prévention. L’alcool et le tabac font partie des réflexions, même si, l’admet van der Linde, cela alourdirait la panoplie des interdictions réglementées. Le médecin préventif envisage des résultats de cette campagne entre cinq et dix ans.

Bien que la libéralisation de la consommation de cannabis soit pour l’instant stoppée par la prise en compte de valeurs culturellement ancrées, on peut néanmoins considérer l’ancienne politique des drogues en Suisse comme un succès affirme François van der Linde. On a pu fixer la politique des quatre piliers et la possibilité d’un traitement légal de l’héroïne dans la loi sur les stupéfiants. Cette évolution d’attitude doit beaucoup à l’implication des militants en "milieu ouvert". Ce qui manque un peu actuellement pour des mesures modifiant une politique des drogues.

IL est incontestable que la question de la dépénalisation du chanvre aussi bien que de nouvelles interdictions concernant l’alcool et le tabac seront source de conflits dans l’avenir. Pour ce qui concerne les nouvelles lois, l’OFSP renvoie donc avec raison aux porteurs de décisions politiques

  • Bund erarbeitet Plan für umfassende Drogendebatte
Article modifié le vendredi 11 février 2011 23:05, Date de parution vendredi 11 février 2011 01:17

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