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Ruth Dreifuss s’attaqueà la guerre contre la drogue

Comme conseillère fédérale, elle a mis en place une politique de la drogue basée sur quatre piliers. A la retraite, Ruth Dreifuss poursuit son combat, en exigeant une lutte contre les stupéfiants « plus humaine ». Au niveau international, cette fois, puisqu’elle est membre de la Commission globale sur les politiques en matière de drogue.

www.24heures.ch 19.10.2011

Comme conseillère fédérale, elle a mis en place une politique de la drogue basée sur quatre piliers. A la retraite, Ruth Dreifuss poursuit son combat, en exigeant une lutte contre les stupéfiants « plus humaine ». Au niveau international, cette fois, puisqu’elle est membre de la Commission globale sur les politiques en matière de drogue.

Présidée par l’ancien président brésilien Fernando Henrique Cardoso, cette institution regroupe dix-neuf personnalités – dont Louise Arbour, ex-procureur du Tribunal pénal de La Haye, Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, ou encore Richard Branson, fondateur de Virgin. Tous considèrent que la guerre menée depuis cinquante ans contre les stupéfiants a échoué. Hier, lors d’une conférence à Genève, Ruth Dreifuss a résumé leurs revendications : il faut décriminaliser la consommation et privilégier une approche tournée vers la santé.

L’exemple suisse

Dans les années nonante, lorsqu’elle était ministre de la Santé helvétique, la Genevoise a dû faire face aux ravages dus aux drogues et au sida. Sous son impulsion, les questions de santé publique sont venues s’ajouter à la répression des trafiquants et à la prévention. Des seringues ont été fournies pour éviter la propagation du sida, des locaux d’injection ouverts, la distribution contrôlée de méthadone et d’héroïne organisée.

Cette œuvre de pionnier intéresse la nouvelle commission, qui prône une telle approche sanitaire à l’échelle internationale. « Notre politique a sauvé des vies, souligne Ruth Dreifuss. Mais malheureusement, ce travail est impossible dans les pays où la répression est si forte qu’elle empêche tout accès aux consommateurs. » Une allusion à une autre revendication de la Commission globale sur les politiques en matière de drogue : des expériences de légalisation des stupéfiants doivent être menées.

« Contrôler le marché »

« Il ne s’agit pas de transformer l’Etat en dealer, mais de contrôler et de mettre en place le marché. L’abandonner aux mains de criminels, c’est encourager la violence », plaide notre interlocutrice. Là aussi, le débat fait écho à celui qui a eu lieu en Suisse. A la fin des années nonante, le Conseil fédéral a proposé de dépénaliser la consommation de cannabis. Mais dans ce cas, les Suisses ont dit non. Le Conseil national a refusé de faire le pas en 2004 puis, en 2008, une initiative populaire sur le même thème a été balayée.

La question est donc rouverte au niveau international. Et Ruth Dreifuss tire les leçons de son expérience helvétique. La politique des quatre piliers, se souvient-elle, a été créée pour faire face à une urgence sanitaire. La population l’a soutenue parce qu’il fallait sauver des vies. Aujourd’hui, au contraire, les citoyens ne perçoivent pas la même nécessité. La conclusion est simple : « Il faut leur montrer à quel point le marché clandestin fait des ravages dans le monde. Car c’est bel et bien le cas. » Relancer le débat sur la dépénalisation ? En Suisse, rétorque le conseiller national Claude Ruey (VD/PLR), « la discussion est cuite et recuite ». Une réforme, actuellement en discussion au parlement, prévoit de remplacer les procédures pénales contre les consommateurs par des amendes. Pour le Vaudois, partisan d’une ligne stricte face aux drogues, il n’est pas question d’aller plus loin.

« Nous avons toujours affaire aux mêmes idéologues mais, dans notre pays, cette démarche confine à l’acharnement thérapeutique », conclut le conseiller national. Ruth Dreifuss le sait bien, la partie s’annonce difficile. Comme pour éviter la levée de boucliers, elle précise : « Notre commission ne propose pas un modèle pour décriminaliser les drogues, mais demande d’expérimenter de nouvelles mesures à petite échelle pour trouver des solutions. Car la situation actuelle est insatisfaisante. »





Guerre contre la drogue… un constat d’échec
- http://www.swissinfo.ch/fre/politique_suisse/Guerre_contre_la_drogue_un_con­stat_d_echec.html?cid=30716506

Global Commission on Drug Policy

Genève. La Commission mondiale sur la politique des drogues a été lancée à Genève en janvier 2011.

Noms prestigieux. Y figurent des personnalités comme les anciens présidents Fernando Henrique Cardoso (Brésil), César Gaviria (Colombie), Ernesto Zedillo (Mexique), Ruth Dreifuss (Suisse), l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, l’ex-secrétaire d’État américain George Shultz, ou encore l’économiste Paul Volcker.

Constat d’échec. Dans ses 24 pages, le rapport dévoilé début juin se penche sur le dernier demi-siècle de lutte contre l’usage et le trafic de drogues, en constatant l’échec de la politique de répression menée, qui n’a pas pu limiter la consommation et a généré des dommages collatéraux.

Consommation globale

250 millions. L’ONU estime qu’il y a au moins 250 millions de consommateurs de drogues illégales dans le monde

Progression. En dix ans, la consommation a augmenté de plus de 34% pour les opiacés, de plus de 27% pour la cocaïne et de plus de 8% pour le cannabis

(source : ONU)

« Guerre contre la drogue »

1971. Déclarée par le président Richard Nixon le 17 juin 1971.

Coût. depuis 1971 : mille milliard de dollars.

2011. Déjà plus de 900.000 arrestations pour usage ou trafic de drogue. L’année est bien partie pour battre le record d’arrestations établi en 2009, année pendant laquelle la police américaine avait arrêté plus d’un million et demi de personnes pour ce type de délit.

Arrestations. Chaque année, plus de 600.000 personnes sont arrêtées pour possession de cannabis. Environ un million d’incarcérations par an sont relatives à la drogue.

Prisons. Au total, un quart de la population pénitentiaire purge des peines pour des délits relatifs à la drogue, y compris pour possession et consommation.

(source : Ministère américain de la Justice, Associated Press)

  • Ein Bericht der Weltkommission für Drogenpolitik, bei der auch die Ex-Bundesrätin Ruth Dreifuss Mitglied ist, hat in den USA eine lebhafte Debatte ausgelöst, da er den repressiven Ansatz der USA kritisiert und eine Entkriminalisierung des Drogenkonsums befürwortet.
  • Un rapporto della Commissione mondiale sulla politica contro la droga, di cui l'ex presidente della Confederazione Ruth Dreifuss è membro, suscita un vivace dibattito negli Stati Uniti perché critica l'approccio americano e sostiene la depenalizzazione del consumo di droga.
Article modifié le vendredi 25 novembre 2011 13:27, Date de parution samedi 12 novembre 2011 12:05

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