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Un lotissement en béton de chanvre sortira de terre à l’automne

L’université de Poitiers et un entrepreneur du BTP ont breveté un panneau en béton de chanvre, qui va permettre de construire en série des pavillons basse consommation.

www.lesechos.fr STÉPHANE FRACHET, Les Echos

Fervent partisan du chanvre, Laurent Charvoz n’a rien d’un halluciné. Diplômé en géotechnie, titulaire d’un DEA en géologie, un temps chercheur au Centre des hautes études de la construction, ce chef d’entreprise du bâtiment connaît par coeur la formulation des matériaux qu’il utilise sur ses chantiers. Et, pour ce maçon de trente-neuf ans, ancien ingénieur méthodes chez Bouygues et Vinci, le béton de chanvre est un matériau d’avenir.

Jusqu’alors réservée à une clientèle bien informée et souvent engagée, la construction à partir de chanvre prend de l’ampleur (« Les Echos » du 30 septembre 2009). Parce que le chanvre isole sans étouffer, cette plante facile à cultiver, utilisée pour les cordages, le paillage ou le papier à cigarettes, rend obsolètes les ventilations double-flux. Son défaut : utilisé seul, le chanvre ne supporte pas le poids d’un toit. D’où l’idée de l’associer à un béton innovant qui filtre l’air.

« Pour des raisons thermiques, le parpaing classique, qui est un piètre isolant, arrivera à bout de souffle dans vingt ans », prédit Laurent Charvoz, PDG de Martin BTP, qui a déjà construit plus de 800 maisons préfabriquées ou bâtiments publics (hôpitaux, écoles...) en ciment dans le centre de la France. A la recherche d’une solution alternative et plus performante pour l’isolation, il a développé avec le laboratoire des matériaux de l’université de Poitiers un panneau « sandwich » breveté, associant un béton allégé à base de pouzzolane (une roche d’origine volcanique) et de chaux, et du chanvre. Pour porter le projet, il a lancé un bureau d’études, Maisons naturelles en béton de chanvre (MNBC), financé par ses fonds propres et par un apport d’Oséo de 120.000 euros.

Attente de validation

L’idée est de réaliser les quatre murs porteurs d’une maison en usine, avec un temps de sèchage d’environ six semaines. « Nous n’avons pas déposé la formulation, juste le procédé de mise en oeuvre », précise Laurent Charvoz. « Il s’agit d’une amélioration de l’ancestrale maison au torchis composé d’argile, de paille et d’eau », ajoute malicieusement Jean-Hugues Thomassin, professeur émérite de l’université poitevine.

Le panneau intègre une structure métallique servant à le consolider. Le scellement chimique entre le béton léger et le chanvre - le coeur de l’innovation -est compété par des vis placées dans les angles. « Nous planchons sur la technique, et rien n’empêche d’imaginer deux, voire trois, étages en béton de chanvre dans un avenir proche », avance Laurent Charvoz, qui vise aussi le marché des petits immeubles collectifs.

D’autres techniques innovantes utilisent déjà le chanvre, surtout comme isolant. « Dans notre cas, il s’agit de l’élément majeur de la construction, et cela requiert une validation par le Centre scientifique et technique du bâtiment, distingue Laurent Charvoz. L’agrément du CSTB permettra d’enclencher la garantie décennale. » Or ce sésame délivré par les assureurs aux bâtisseurs leur est indispensable. Le dossier est à l’instruction.

Un premier lotissement mettant en oeuvre ce matériau devrait voir le jour en Sologne, sur la commune de Neung-sur-Beuvron (Loir-et-Cher). Pour ce projet, Marin BTP s’est associé au cabinet d’experts en génie thermique Energies à Nantes, à un architecte et à un promoteur chargé de la commercialisation. Les deux premiers pavillons de cet écolotissement de trente lots sortiront de terre à la rentrée, autour de 1.400 euros le m². Soit un pavillon de 100 m² à 140.000 euros, sans le terrain.

P.-S.

Siège

Enseigne :MNBC

Adresse :DOMAINE DE VILLEMORANT
- 41210 NEUNG SUR BEUVRON

Date de parution dimanche 6 juin 2010 03:49

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