Le cannabis peut vous rendre meilleur conducteur

2000/08/13 - Sunday Times

Prendre la route peut ne pas être si dangereux après tout. Les ministères pourraient être embarrassés par la recherche gouvernementale démontrant que la conduite d’automobilistes sous l’influence de drogues les rend plus prudents et a un impact limité sur leur risque d’accident.

Dans l’étude, entreprise par le Transport Research Laboratory (TRL), le cannabis de catégorie A spécialement importé d’Amérique a été donné à 15 utilisateurs réguliers. Les conducteurs drogués ont été alors soumis à quatre semaines d’essais de pilotage sur des simulateurs mesurant leurs temps de réaction et de perception. Les fumeurs réguliers ont été préférés parce qu’en Amérique, les essais précédents utilisant des novices eurent pour conséquence que les volontaires s’évanouissait ou se sentaient malades. Le laboratoire a recruté ses cobayes par ce qu’il décrit comme la "technique boule de neige" - un utilisateur connu est invité à en trouver d’autres après la promesse de l’anonymat et l’exemption de poursuites, après accord avec le Home Office.

Au lieu de prouver que cette prise de drogues augmentait le risque d’accidents, les chercheurs ont constaté que les effets d’apaisement du cannabis rendaient des conducteurs plus prudents et beaucoup moins enclins à piloter dangereusement.

Bien que le cannabis affecte le temps de réaction des utilisateurs réguliers, ses effets semblent être substanciellement moins dangereux que la fatigue ou la boisson. Les recherches menées par l’Australian Drugs Foundation (ADF), ont permis de constaté que le cannabis était la seule drogue testée diminuant le risque d’accident.
Les résultats embarrasseront les ministères du Department of the Environment, du Transport and the Regions (DETR) qui ont commandé l’étude après avoir subi la pression d’organisations automobilistes et de militants d’anti-drogues. Lord Whitty, ministre des transports, recevra le rapport plus tard ce mois.

La semaine dernière, la police a révélé les détails des nouveaux tests anti-drogues à mener en bord de route, reçus avec un certain amusement. Elle exige des conducteurs suspectés d’être sous l’emprise de drogues, de se tenir sur une jambe, de se pencher en arrière et de toucher leur nez avec leurs yeux fermés, et enfin de compter silencieusement jusqu’à 30 avec leurs yeux fermés. Ce serait apparemment difficile pour eux.

L’agence publicitaire Mc Cann-Erickson a déjà préparé une campagne de télévisuelle utilisant la chanson des Pulp Sorted for Es and Whizz, avec le slogan "Never drive on drugs" (ne jamais conduire drogué) et le mot d’ordre "then you come down" (alors vous en reviendrez).

Cependant, si les résultats sur les effets de la marijuana sont moins effrayants, ils peuvent convaincre les ministres de mettre plus d’argent dans la prévention de la fatigue au volant. La fatigue est maintenant rendue responsable de 10% des accidents mortels, comparé à 6% pour l’alcool et 3% pour les drogues.
Une campagne radio discrète sera bientôt lancée pour inciter les conducteurs à faire des poses.
Les conclusions étonnante ne feront pas changer des organismes tels que le RAC, qui croit à l’évidence d’une menace croissante de la conduite "sous drogues". Les statistiques que le DETR a publié en janvier ont montré un multiplication par six du nombre de personnes conduisant en présence de drogues dans leur organisme après des accidents de la route mortels, passant de 3% en 1989 à 18%.

Le DR Rob Tunbridge, auteur du rapport, a refusé de révéler ses résultats avant qu’ils ne soient publiés, mais déclare : "si vous deviez me demander de les ranger dans un ordre de priorité, la fatigue est le plus important tueur, suivi de l’alcool, les drogues suivant en troisième position."
Tunbridge a admis que l’effet des drogues diffère selon l’individu, la quantité prise, l’environnement des prises et l’endroit où ont été testé les réactions.
Les utilisateurs de cocaïne sont connus pour être des conducteurs alertes quand ils prennent la drogue avant, mais ayant une tendance à tomber en sommeil en route. Le problème particulier au cannabis est qu’il reste dans l’organisme d’une personne jusqu’à 30 heures, bien que ses effets s’interrompent en quelques heures.

Article modifié le vendredi 18 juillet 2003 14:34, Date de parution dimanche 13 août 2000 00:00

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