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Le cannabis un danger pour les cancer des testicules, encore une étude bidon

Les fumeurs ont déjà la vie difficile. D’abord l’affaire de l’impuissance, maintenant, avec les tumeurs génitales : en tout cas, ce que nous lisons aujourd’hui dans différents médias provient d’un enquête étasunienne, selon laquelle la consommation de cannabis rime avec un risque plus élevé de cancer du testicule. Bien sûr, ils ne manquent pas de rappeler que le cancer testiculaire chez les hommes entre 20 et 40 est le cancer le plus fréquent.

Le résultat provient d’une étude, que des chercheurs du Fred Hutchinson Cancer Research Center, ont publiés dans le journal Cancer. Pour ce faire, ils ont interrogés pendant une période de sept ans près de 1.400 hommes de l’État de Washington (États-Unis) en fonction de leur consommation de cannabis, 369 patients atteints de cancer du testicule et près de 1000 sans cancer.

Sur cette base, simplement peu impressionnante d’étude de cas, ils arrivent à la conclusion que la fumette a presque doublé le risque de cancer du testicule, en fonction du mode consommation.

Les différences entre les cas et le groupe de contrôle sont, en chiffre global, mais très faible : 73% des patients atteints de cancer du testicule ont déjà fumé, comparé à 68% du groupe témoin. Les plus grandes différences entre les deux – qui sont mentionnées proéminentes dans le communiqué de presse, on trouve précisément dans les deux sous-catégories, ce qui me semble plutôt étranges.

Chiffres et les sources d’erreurs

L’étude trouve parmi les 26,3% des patients une part nettement plus active en tant que consommateurs de drogues que dans le groupe témoin (19,6%). L’affaire a un petit hic : les participants ont eux-mêmes donnée l’information sur leur consommation - qui est de est aux États-Unis, non seulement une source de criminalisation, mais aussi de stigmatisation sociale.

Pour l’enquête, il est fort probable que quelqu’un de recruté par une étude par téléphone, connait une plus faible incitation de sa part à dire la vérité qu’un patient participant à l’étude de la maladie. Quelle est l’ampleur de cet effet, je ne peux pas répondre, il fait cependant partie de célèbres sources d’erreurs dans les études médicales.

Les auteurs de l’étude discutent ce problème dans leur document, et rappellent que les chiffres pour le groupe de contrôle s’adaptent à des statistiques à l’échelle nationale de la consommation de cannabis. Dans quelle mesure celle-ci est également fausse par des sous-estimations et surtout si l’étude aient vraiment assez de participants, vu le peu de différences en pour cent, reste ouverte.

De plus, les chercheurs s’appuient sur les chiffres pour les deux types de tumeur, dont les différences doivent montrer qu’il n’y a pas d’erreur systématique - mais ces chiffres sont basés sur des échantillons encore plus petits. Cela ne me convainc pas.

Subdivisions douteux Le groupe des utilisateurs actuelle de cannabis - un choix qui pour les raisons susmentionnées, est du moins chargé -, que les scientifiques ont encore une fois divisée, d’une part, dans les gens qui consomment depuis plus ou moins que de dix ans, d’autre part, entre ceux qui ont commencé avant ou après leurs 18 anniversaire. Et avec cette procédure j’ai vraiment gentiment un problème, mais voyez vous-même :

Source : Daling et al. : Association of marijuana use and the incidence of testicular germ cell tumors, Cancer online, 9. Februar 2009, DOI : 10.1002/cncr.24159

Les chiffres des sous-sous-groupes d’utilisateurs l’actuel s’appliquent - petite finesse - sur l’ensemble des groupes et non pas sur les sous-ensembles d’utilisateurs actuels. Vu que dans les cas de cancer du testicule, les fumeurs sont déjà plus nombreux que dans le groupe témoin, ça fait que les pourcentages de patients est automatiquement supérieur : 20,6%, environ un tiers de plus de 14,6%. Si l’on compare en revanche, les chiffres sur la bonne partie de la quantité, on obtient 75% à 78%, ce qui n’est déjà pas une si grande différence est de plus - d’autant plus que nous sommes ici en traîne de parler de chiffres assez petits.

Le même calcul est à exercer avec les chiffres pour les fumeurs de longue durée et les deux différents types de tumeurs, je vous laisse faire (là aussi, est encore une fois sur le très faible nombre de cas à noter). En conclusion est encore la référence habituelle, de ne pas oublier que l’intervalle de confiance de 95%, est une valeur arbitraire.

Faible risque absolu

Même si d’une part le résultat de l’étude correspond en substance, (je pense que ce tout à fait possible), d’autre part les cas relativise l’importance de l’étude. Le cancer du testicule est une maladie très rare, en France, environ 10 malades sur 100.000 hommes. Si le résultat de l’étude est correcte, elle augmente donc les chances individuelles de cancer de testicules, par la consommation de cannabis de 1/10.000, c’est-à-dire un dixième de mille.

En outre, comme on peut lire dans le lien ci-dessus, un Asiatique a de dix fois moins de risques que nous, et l’incidence en France est trois fois plus élevée qu’en Finlande. Dans l’ensemble, j’estime la pertinence de l’étude pour les fumeurs parmi vous de plutôt faible.

Janet R. Daling, David R. Doody, Xiaofei Sun, Britton L. Trabert, Noel S. Weiss, Chu Chen, Mary L. Biggs, Jacqueline R. Starr, Sudhansu K. Dey, Stephen M. Schwartz (2009). Association of marijuana use and the incidence of testicular germ cell tumors Cancer DOI : 10.1002/cncr.24159
- >http://dx.doi.org/10.1002/cncr.24159]

Article modifié le vendredi 26 septembre 2014 00:19, Date de parution jeudi 12 février 2009 18:11
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