Et si on parlait de la drogue pendant la campagne...
Et si on parlait de la drogue pendant la campagne...
http://familles.blogs.liberation.fr/hefez/2007/04/et_si_on_parlai.html
Un excellent article du 02.04.04 sur le blog de Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste, à lire sur le site de Libération.
Quelques commentaires s’imposent tout de même.
« Entre ceux qui agitent, tel un épouvantail, les dangers d’une drogue-qui-pourrit-notre-belle-jeunesse, et ceux qui haussent les épaules en affirmant qu’« un petit joint n’a jamais fait de mal à personne », les discussions sont aussi interminables que la distance qui sépare ces deux camps. » Le nombre de porteurs d’épouvantails grossit chaque jour, surtout en période électorale donc hautement démagogique. Ceux qui haussent les épaules n’ont jamais été bien nombreux. Cette caricature n’aide pas à faire progresser le débat.
Depuis plus de dix ans, les associations qui défendent une réforme de la politique des drogues tiennent un discours très pragmatique, ancré dans la réduction des risques sanitaires et sociaux, très éloigné de l’idéologie libertaire. Certes, nous proposons de dépénaliser la consommation privée et l’autoproduction individuelle ou collective de cannabis pour les majeurs sur le modèle du Cannabis Social Club proposé par ENCOD, un système réglementé non marchand. Mais c’est le seul modèle satisfaisant que nous avons pu élaborer à l’échelle européenne en conformité avec les conventions internationales. Ce n’est pas une utopie anarchiste mais le fruit d’une longue réflexion collective à laquelle j’ai participé.
Certes, nous demandons l’application la plus ouverte possible des recommandations du rapport Catania fort bien synthétisée dans la proposition 126 du collectif Bové. Ce n’est pas notre faute si nos soutiens présidentiables se nomment Besancenot, Bové et Voynet en demi-teinte. Nous dialoguons avec toutes les organisations. Nos sites Internet sont publics. Les responsables socialistes et l’équipe de la candidate ont été largement informés de nos analyses et de nos propositions, j’ai été un des experts de la commission drogues du P.S, ils connaissent la réalité de la chasse à la boulette qui chaque jour empoisonne les relations entre la jeunesse et la police. Pourquoi Ségo nie-t-elle sur Skyrock l’application de la loi de 70 ?
La régulation publique du cannabis est même inscrite au programme du P.S. Ségolène Royal préfère le statu quo avec un nouveau débat placard. Aucun ténor du PS ne va oser lui rappeler la position du parti. Il n’y a que le peuple de l’herbe qui peut faire chauffer les claviers et inonder Internet pour lui rafraîchir la mémoire.
Assez de grands débats et de commissions d’enquêtes. La régulation publique, c’est le Cannabis Social Club !
Laurent Appel










