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Une ville néerlandaise relègue ses coffee-shops à la frontière

Comment se débarrasser des touristes fumeurs de joints sans pour autant compromettre les affaires ? Venlo, petite ville néerlandaise de 45 000 habitants, frontalière avec l’Allemagne, a trouvé la solution : déplacer les coffee-shops du centre-ville vers la frontière pour que l’incessant ballet des clients allemands ne dérange plus les riverains.

Pas d’alcool. Roots et Oase, deux des cinq coffee-shops de Venlo, se sont relogés depuis début octobre dans un ancien restaurant pour chauffeurs routiers. De la route, on sent déjà l’odeur du cannabis. Sur le parking, grand et propre, beaucoup de plaques d’immatriculation allemandes et néerlandaises. Un vaste édifice en brique abrite, au premier étage, un café à la déco vaguement marocaine et, au sous-sol, une cave à la lumière tamisée. Comme beaucoup des 740 coffee-shops des Pays-Bas, l’établissement ne vend pas d’alcool. Seule particularité notable de l’endroit : la file d’attente quasi permanente aux deux guichets, à côté du bar, qui écoulent sachets d’herbe et de haschisch, à raison de 5 grammes au maximum par jour et par client. Et puis les caméras de surveillance de la police, discrètes, posées sur les murs et au plafond, à la suite d’un accord entre la municipalité et le propriétaire des lieux.

Hubert Bruls, le maire de Venlo, affirme que sa politique a amélioré le « sentiment de sécurité » de ses administrés. Mais il avoue aussi qu’elle a peut-être « trop bien réussi » , dans la mesure où l’afflux des « narcotouristes » est plus important qu’auparavant. Les adeptes de la fumette arrivent maintenant à Venlo par trains entiers à la gare voisine de Kaldenkerken, en Allemagne, puis traversent la frontière à pied pour aller s’approvisionner. En chemin, affirme le maire, ils s’exposent à des vols.

Le gérant de Roots et Oase, Henk Jansen, collier en argent et petites pierres aux oreilles, dément le moindre problème de sécurité. « Il n’y a jamais eu de bagarre ici , dit-il. On ouvre à 10 heures et on ferme à 22 heures, pas de stress . » Son souci, manifestement, consiste plutôt à gérer une affaire qui a pris de l’ampleur : 21 employés permanents, 1 500 clients par semaine au bas mot, Allemands à 70 %, un chiffre d’affaire classé secret défense (150 000 euros par semaine, selon le maire), 1 million d’euros d’impôts annuels versés à l’Etat et un approvisionnement supervisé par le patron lui-même. « Tout est transparent , assure-t-il, la police peut vérifier autant qu’elle veut, grâce à ses caméras . »

Tourisme. Geert Leers, le maire de Maastricht, aurait aimé répéter l’expérience dans sa ville. Son idée : créer un « boulevard de la drogue » en déplaçant 7 des15 coffee-shops de Maastricht vers la frontière belge, et en les dotant de parkings conséquents pour mieux servir les clients belges, français, mais aussi espagnols et italiens. Mais Guy Verhofstadt, le Premier ministre belge, a officiellement protesté le 31 mai auprès de son homologue néerlandais. Aussi Geert Leers a-t-il renoncé « temporairement » , le 27 juin, à son projet. Mais sa bataille continue, contre Piet Hein Donner, le ministre néerlandais de la Justice, qui veut combattre le tourisme de la drogue. Le gouvernement planche sur l’introduction d’un système d’adhésion obligatoire pour les coffee-shops, qui ne pourraient plus vendre qu’à leurs membres attitrés, des résidents des Pays-Bas, exclusivement.

Data di pubblicazione jeudi 3 août 2006 13:05

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